Vous l’aurez compris, 99,9 % des festivaliers avaient fait le déplacement pour LE grand retour de Pulp au Fort, unique date en France (et franchement, avouez : qui aurait résisté à l’appel de Jarvis Cocker et de ses déhanchements de dandy éternel ?). Le phare de la britpop brillait encore fort ce vendredi 15 août, attirant la marée humaine jusqu’aux remparts malouins. Charisme intact, ironie toujours élégante, et cette capacité rare à transformer une foule immense en un chœur complice… Oui, c’était bien plus qu’un concert : c’était une messe pop où « Common People » tenait lieu d’évangile.
Mais soyons honnêtes : ma petite extase personnelle n’était pas là. (Ok, je vais encore me faire des copains…). Car pour moi, la vraie étoile de la soirée, c’était Porridge Radio. Leur retour, après leur passage express en 2022 (merci le contretemps photographique avec les Limiñanas), avait des airs de retrouvailles vitales. Dana Margolin, toujours à fleur de peau, a su offrir cette intensité brute qu’on aime voir se fissurer sur scène. Chanter une dernière fois « Good for You » et « A Hole in the Earth » résonnait comme un au revoir un peu trop précipité. Un pincement au cœur, mais aussi la confirmation qu’il y a des adieux qui valent le détour.
La soirée ne manquait pas d’électricité : Yard Act, passés cette fois de la petite à la grande scène du Fort, ont rejoué leur numéro post-punk avec la gouaille habituelle. Peut-être un peu moins de fièvre qu’en 2022, mais toujours cette ironie mordante qui fait lever les poings et bouger les pieds en rythmes. Puis débarquent les Australiens de Tropical Fuck Storm et son chaos contrôlé, guitares barbelées et un groove vénéneux qui rappelle à quel point A « Laughing Death in Meatspace » est un disque-monstre. Rien que pour eux, la soirée valait son pesant de sueur.
En parlant de sueur, mention spéciale à ma révélation du jour, GANS, combo de Birmingham qui m’a collé un peu plus tôt ma première goutte sur le front (et pas uniquement à cause de la météo tropicale). Derrière, Frankie and the Witch Fingers ont enfoncé le clou façon tornade psych-punk, frères légitimes de King Gizzard et Thee Oh Sees, avec en bonus un grain de folie supplémentaire qui fait du bien. Et pour ouvrir les hostilités, B.i.c.h.e avaient déjà donné le ton, avec Margaux Bouchaudon (En Attendant Ana) en invitée surprise : un apéritif élégant et psyché comme on les aime.
Bref, un vendredi 15 août qui restera comme l’une des soirées les plus denses et généreuses de cette 33e Route du Rock. On est rentrés rincés, comblés, un peu sourds… et avec la conviction que, même si on aime tous chanter » Common People « , il est parfois bon d’aimer les groupes qui nous arrachent un peu plus les tripes que les cordes vocales.






















































