[Interview] Trint Eastwood – « Leap of Faith » 

Après les décibels des « Uncommon Men From Mars » et les douceurs acoustiques de « X-TV », Trint Eastwood revient là où tout commence : une guitare, des chansons et l’envie de reprendre la route. Leap of Faith, son premier album solo, ne cherche ni à effacer le passé ni à lui tourner le dos. Il en prolonge plutôt l’exploration, entre énergie rock, intimité folk et goût pour les belles mélodies. Huit titres accrocheurs pour un nouveau départ. Le volume à fond : Trint Eastwood remet le moteur en marche. Rencontre avec un musicien qui semble avoir trouvé une nouvelle façon de faire du bruit… et de vibrer. 

-Après les Uncommon Men From Mars et X-TV, qu’est-ce qui t’a donné envie de remettre les compteurs à zéro avec ce premier album solo, Leap of Faith ?
Suite au décès de mon frère jumeau Daff, nous avons repris les guitares lors de sa cérémonie. Ma guitare avait pris pas mal de poussière. Je me suis rendu à l’évidence que la musique allait être un médicament essentiel à la guérison de cet incident de vie. Je suis du coup parti modestement en tournée avec le projet solo nommé en hommage à mon frère : « Uncommon MAN From Mars Tour ». À force de jouer, j’ai commencé à réécrire. Un jour je me suis trouvé avec une contrainte de temps de set limitée. En ouverture des Pookies, avec 3 groupes, nous n’avons pas le luxe de faire des sets longs. J’avais pas la place de mettre de titres des Unco. Il était temps de penser à sauter le pas pour démarrer pour de vrai mon projet.  


-Le titre Leap of Faith évoque un saut dans l’inconnu. Est-ce que cet album représente justement une prise de risque pour toi, musicalement ou personnellement ?
Leap of faith n’est pas un saut dans l’inconnu mais plutôt un saut de la foi. J’ai confiance et ce que je ressens quand je compose et quand je joue mes titres. Ça me fait d’abord du bien à moi. Partager ce plaisir avec d’autres est la base pour moi.  


– Tu as longtemps évolué dans un univers punk rock avant d’explorer l’acoustique avec X-TV. Comment ces deux facettes de ton parcours se retrouvent-elles aujourd’hui dans Leap of Faith ?
J’ai toujours voulu avoir une formation où nous aurions le droit de faire du bruit et de l’intime. Après une réunion avec moi-même, nous sommes tombés rapidement d’accord que nous avions le droit de la faire. 


-L’album semble faire cohabiter énergie rock, folk et pop. Quelles étaient tes envies musicales au moment de composer les huit morceaux du disque ?
Je ne compose pas avec un plan de style. Je me laisse porter par le titre qui parfois me demande de l’intimité et parfois du bruit. J’essaie plutôt de me mettre au service du morceau plutôt que de mettre le morceau à mon service. 


-Tu as revisité certains titres des Uncommon Men From Mars en acoustique. Est-ce que ce travail a changé ta manière de regarder ou d’interpréter ces anciennes chansons ?
Oui, j’ai dû réécrire pas mal de parties, notamment pour intégrer des passages que je ne jouais pas sur scène avec ma guitare. Changements de tonalité, de riffs, intégration de lignes de basse. Beaucoup de nouveaux arrangements, oui. 


-La rencontre et la collaboration avec Mike Noegraf ont joué un rôle important dans ton retour à la musique. Qu’est-ce que cette collaboration t’a apporté artistiquement ?
Nous avons enregistré un EP ensemble dans son studio. C’était une très belle expérience. J’ai adoré collaborer avec lui. Nous avons coécrit 2 titres sur ce disque qui sont mes préférés de l’EP. 


-Pour Leap of Faith, tu élargis la formule à un véritable trio avec basse et batterie. Qu’est-ce que cette dimension collective change dans ta façon de jouer et de composer ?
Ça n’a rien changé du tout. Je compose tout à la guitare acoustique. Les arrangements se font très facilement quand le titre nous parle déjà dans sa plus simple forme. Je joue en solo, en duo ou en trio avec les nouvelles dates. Souvent en solo. Je développe d’ailleurs ce côté. 


-Après avoir passé autant d’années sur les routes avec les Uncommon Men From Mars, quel rapport entretiens-tu aujourd’hui avec la scène et avec l’idée de repartir en tournée ?
Ça m’a beaucoup manqué les tournées. J’ai toujours gardé le contact, mais c’est un sentiment de renaissance, de repartir à nouveau faire des dates et revoir les amis. 


-On sent derrière ton parcours un goût prononcé pour les mélodies et l’écriture, de la pop des Beatles à Elliott Smith. Quelles influences ont particulièrement nourri Leap of Faith ?
J’ai été très influencé par la scène de Seattle des années 90. Mais il y a aussi du Beatles, du Simon and Garfunkel, Cat Stevens, Huey Lewis and the News…


-Avec ce premier album, as-tu le sentiment d’ouvrir un nouveau chapitre de ton parcours, ou plutôt de réunir toutes les vies musicales que tu as déjà traversées ?
J’ouvre un nouveau chapitre, mais avec un héritage qui me permet de démarrer à zéro sans démarrer à zéro. 

« Skate or die, Rock or fry! » Trint Eastwood