Bruit Noir frappe une nouvelle fois là où ça fait mal. En avant-goût de leur futur album « NON. RIEN », à paraître le 15 janvier 2027 chez Ici d’ailleurs, le duo dévoile le single « KADDISH ».
Fidèle à une écriture sans filtre et à un récit spoken word d’une lucidité féroce, le morceau confronte l’histoire collective à l’impuissance contemporaine face au drame palestinien. Pascal Bouaziz y pose un regard désillusionné sur le choc des mémoires et la faillite de la conscience internationale, résumée dans cet étau désespéré :
Kaddish pour tous les enfants juifs morts dans les camps
[…]
Kaddish pour tous les enfants de Gaza morts dans les ruines
Kaddish pour la conscience du monde entier morte en Palestine
Le parallèle avec Allen Ginsberg
Impossible de ne pas faire le lien avec le chef-d’œuvre éponyme d’Allen Ginsberg, écrit en 1959 et publié en 1961.
La prière des morts détournée : Chez Ginsberg, le Kaddish juif traditionnellement réservé au deuil devient une complainte hallucinée et intime pour sa mère Naomi, rescapée des traumatismes de l’Histoire. Chez Bruit Noir, la prière de deuil quitte la sphère intime pour devenir un réquisitoire universel : un hommage polyphonique aux victimes d’hier et d’aujourd’hui.
Le cri d’impuissance Beat face au chaos : Ginsberg utilisait le souffle poétique beat pour scander la douleur, la folie et l’absurdité du monde d’après-guerre. Bruit Noir reprend ce même souffle parlé, haché et viscéral, transformant le texte en un monologue d’impuissance politique où l’artiste s’interroge sur la portée de sa propre voix face aux tragédies du siècle.
Un titre âpre et sans concession qui annonce un retour percutant pour le label Ici d’ailleurs.




