Premier long métrage du jeune réalisateur chilien Diégo Céspedes, « Le Mystérieux regard du flamant rose » a obtenu le prix Un Certain Regard lors du dernier festival de Cannes il y a presque un an mais ne sort en salle que maintenant. Cela valait le coup d’attendre.
Imaginez un cabaret déglingué au cœur d’un désert gris blanc, à proximité d’une ville minière, dans la Nord du pays. Ici, Mamá Boa règne en maîtresse sur sa maisonnée, essentiellement des travestis. Nous sommes dans les années 80, le sida commence à faire des ravages et il se transmet virtuellement ici à travers le regard des membres de la joyeuse troupe. Enfin, c’est ce que l’on raconte en ville, là où plusieurs mineurs sont morts après être venus passer du bon temps au bordel de Mamá Boa. Dans ce chalet de bois, la cantina, à proximité d’un étang, vit aussi Lidia, une jeune fille de 11 ans souvent prise à partie par les jeunes racailles de la ville voisine.
Sorcières et malades
Cette fois est celle de trop, alors sous l’impulsion de Flamenco, le plus beau des « maricones », les folles du désert, minishorts et bikinis apparents, vont chercher à obtenir vengeance en passant une raclée aux jeunes adolescents venus embêter Lidia. Mission réussie mais dans la ville, la vengeance pourrait bien se manger chaude. Car entre les hommes de la mine contaminés par le mystérieux regard de Flamenco, magnifique et magnétique Matías Catalán, un jeune acteur de 27 ans, et le mode de vie décadent des travestis, la rumeur enfle jusqu’à tourner au procès en sorcellerie.
Western moderne
Inquisition quand tu nous tiens, le film bascule en western moderne. La guerre est visiblement déclarée et il ne pourra pas y avoir que des gagnants… Pourtant, l’émotion est palpable au fur et à mesure que se déroule un scénario particulièrement brillant. Sans parler de tous ces regards captés avec tendresse et une sensibilité rare, ceux des membres d’une famille choisie à l’écart du monde. Un film fort sur le droit à la différence et à celui de vivre autrement.




