Après plus de vingt ans à accompagner d’autres artistes (Cannibale, Ben L’Oncle Soul, Claire Diterzi…) et à jouer dans le monde entier, qu’est-ce qui a déclenché le besoin de passer aujourd’hui à votre propre projet, Vénérable ?
C’est à la gloire du changement. Je me suis remis en danger à faire des choses nouvelles.
Et de me retrouver en lead à chanter et à raconter des histoires, c’était vraiment inédit.
Et je me retrouve comme un jeune musicien et c’est assez grisant.
J’ai fait souvent des virages significatifs dans ma carrière et je tiens à rester souple à cet endroit.
Nouvelle aventure !
Qu’est-ce que ce pseudo raconte de ta vision de la musique ?
C’est plus une vision globale de la vénérabilité que je raconte. Tu peux être vénérable si tu veux. Si tu agis en accord avec ton « toi » d’aujourd’hui et que tu fais du mieux que tu peux, alors, il y a de fortes chances que tu réussisses à faire quelque chose de cool, aussi bien pour toi que pour les autres. Tu es au service d’un intérêt supérieur.
Tu es vénérable.
Alors tout le monde peut l’être, c’est disponible.
Ça permet de faire la paix.
Pour ma part, je trouve ma vénérabilité dans la musique que je fais lorsque je suis tout seul la nuit dans mon home studio.
À ce moment là je peux me parler de la plus belle des manières et m’élever spirituellement.
Si j’arrive à retranscrire ma sincérité, je peux alors la partager avec les gens qui dansent aux concerts devant moi.
À ce moment-là, à grands coups de kick et de synthé bien fat, je fais de la musique de transe et dilate le temps du mieux que je peux.
Pourquoi avoir choisi d’intituler ce premier album « Spectacle Favori » ?
Spectacle favori est le nom du dernier morceau de l’album. C’est un hymne à la beauté.
Tu croises chanson française, indie rock, jazz, funk et electro cosmic-dance. Comment procèdes-tu en studio pour que cette diversité de styles reste cohérente et groove naturellement ?
Ce qui groove, c’est de mélanger les genres entre eux. Si tu voyages beaucoup, tu vas devenir d’autres personnes avec des bouts de Congo – Brazza, des bouts de Berlin, des bouts de Santiago du Chili, des bouts de Marne-la-Vallée, tout ça à la fois. Tu vas devenir tes amis.
Ce qui groove, c’est de faire justement ces passerelles car la musique est globale.
Les étiquettes, c’est pour les vendeurs de la FNAC parce que c’est plus facile à ranger.
En tant que multi-instrumentiste, ingénieur du son et producteur, quelle part d’autonomie as-tu gardée dans la création et la réalisation de ces neuf titres ?
100 % d’autonomie. Je m’occupe de tout. Je suis le peintre de 9 tableaux.
-Le clip de « Répète si c’est oui » pose un univers visuel étrange, symbolique, cosmique et pour le moins déroutant. Comment cette idée de scénario a-t-elle trouvé un chemin dans ton imaginaire visuel ?
C’est ce que ma musique a fait naître dans l’esprit incroyablement libre d’Oliver Conrad qui a réalisé le clip. On s’est vite reconnu dans le confort du « tout est possible ».
C’est lui qui a tout fait. Je lui ai laissé toute la latitude/longitude.
Résultat : je trouve que ce clip est génial et met vraiment de bonne humeur lorsque je le regarde.
Le personnage de Vénérable est vraiment rigolo et simple.
J’adore voir le monde par le prisme d’Oliver.
-Comment aborde-t-on la poésie en français quand on a un bagage musical si ancré dans le groove, la house et les musiques du monde ?
Je ne me considère pas comme poète et c’est peut-être plus pratique. Je me permets alors d’écrire des paroles simples, faciles à comprendre, et de faire résonner des mots ou préceptes que j’aime et qui me tiennent à cœur.
Après j’utilise ma voix comme matière à sampler. La musique répétitive alors me permet de rentrer dans un contexte de mantra. Des prières répétées pour accéder à un niveau différent d’état. C’est le dance floor comme temple de la pensée libre.
Comment transposes-tu cet univers poétique et synthétique en live pour faire danser les gens ?
Si tu me files juste une prise de courant, je peux venir jouer mon spectacle dans ton salon. J’ai un show couplet avec son et lumière.
À ce moment-là, on peut être dans un échange intime. La proximité et la simplicité étant au cœur du dancefloor.
Plus précisément, je suis en mode DJ, avec ordi et claviers, et je réinvente et remixe mes compositions comme ça me plaît et j’enchaîne toutes mes idées pour conduire les danseurs dans un long voyage psychédélique et sexy.




