[Interview] PIERRE ANDRIEU — THE CURE, UNE HISTOIRE DE PASSION

Depuis 1986, The Cure accompagne Pierre Andrieu. Avec The Cure – Just Like Heaven, publié aux éditions Le Boulon, il consacre près de 400 pages à cette passion, mêlant chroniques, archives, photographies et témoignages. Une plongée personnelle dans l’œuvre d’un groupe qui, génération après génération, continue de fasciner.

Après ton livre consacré à Jean-Louis Murat, pourquoi avoir choisi de te pencher cette fois sur le groupe The Cure ? Qu’est-ce qui t’a motivé à écrire ce livre ?

The Cure me passionne depuis 1986, depuis que j’ai 14/15 ans, donc. C’est le premier groupe qui m’a vraiment marqué et dont je suis devenu fan. J’ai acheté tous les disques, des posters, j’ai lu tous les articles de presse et les bouquins que je trouvais, mais aussi les livres que Robert Smith conseillait dans ses interviews, notamment ceux de Jean-Paul Sartre ou Albert Camus. J’ai même essayé de m’habiller comme lui ! Il portait des Reebok, alors j’ai acheté des Reebok… J’étais blond vénitien et mes cheveux frisaient, donc je me suis arrêté là : je pense que ce n’était pas exactement une bonne idée de me crêper les cheveux et de me les teindre en noir pour lui ressembler ! The Cure, c’est le premier groupe qui m’a vraiment passionné, puis j’ai continué à le suivre au fil des années, même si je n’ai pas aimé toutes les périodes. J’écoute encore Cure très régulièrement aujourd’hui. L’autre élément déclencheur pour écrire le livre The Cure – Just Like Heaven, c’est celui que j’ai fait sur Jean-Louis Murat. À l’origine, ce n’était pas prévu comme ça : mais Murat est mort subitement et beaucoup trop tôt, j’ai voulu lui rendre hommage. J’ai passé neuf mois à écrire sur lui, à écouter sa musique, à aller sur les lieux où il avait vécu, à rencontrer ses proches et ses musiciens. J’ai vraiment adoré cette expérience d’immersion dans son œuvre. A la fin, quand le livre est sorti, je me suis dit que j’aimerais écrire un autre livre. Le premier sujet qui m’est venu à l’esprit, c’était The Cure, puisque c’est un groupe qui m’accompagne depuis mon adolescence. J’avais beaucoup de choses à raconter. Comme je le disais au début, j’ai lu beaucoup de livres sur The Cure dans ma vie. Certains sont très bons, mais d’autres sont assez classiques, trop linéaires : ils commencent avec le premier album, terminent avec le dernier, détaillent chaque disque et chaque chanson de manière très factuelle. J’avais envie d’essayer de faire quelque chose de plus original, un peu sur le principe du livre consacré à Murat. Je voulais proposer ma vision de The Cure, donc quelque chose de forcément subjectif, avec des chroniques des albums que je considère comme les meilleurs, mais aussi sur des lives, des vidéos, des films sortis au cinéma, en cassette ou en DVD. Et surtout, je voulais réunir beaucoup de témoignages venant d’univers différents et de plusieurs générations de fans. Il y en a dans le livre qui ont 20 ans, d’autres qui en ont 80, des gens qui ont travaillé avec The Cure, d’autres qui ne les connaissaient pas personnellement. Parfois, j’entends dire que c’est un vieux groupe, qu’il n’a plus d’intérêt ou que sa musique ne parle plus aux jeunes. Or, c’est exactement le contraire que j’ai constaté, et c’est ce je voulais montrer. Il y a par exemple Justine Bergheaud, la fille de Jean-Louis Murat, qui est une grande fan des Cure. Elle les a vus assez récemment au Madison Square Garden de New York. Elle est touchée par leur message, leur tolérance et l’intelligence des propos de Robert Smith en interview. Et elle a une vingtaine d’années. À l’autre bout du spectre, il y a l’homme de radio et de télé Bernard Lenoir, qui a plus de 80 ans, il a pas mal travaillé avec Robert Smith et l’a reçu pour une Black Session. Robert lui a même offert le générique des Enfants du Rock, la version instrumentale de « Just Like Heaven » avant sa sortie officielle. Malgré son âge, Lenoir se souvient de tout comme si c’était hier et continue à écouter The Cure avec passion. C’est ce que je voulais mettre en lumière : la musique de The Cure est intemporelle, elle peut toucher toutes les générations.

Tu as commencé à travailler sur le livre après celui consacré à Murat. À quel moment le projet The Cure a-t-il réellement débuté ?

J’ai commencé le livre quand j’ai terminé celui sur Murat, donc vers 2024. J’avais déjà assisté à deux concerts de la tournée française de The Cure en 2022 : le premier de cette série de shows à Lyon en novembre 2022, puis le dernier à Paris Bercy à la fin du mois. Les salles étaient pleines, les gens étaient vraiment à fond. Il y avait des jeunes, des moins jeunes, des parents avec leurs enfants. On voyait bien que le groupe n’était absolument pas fini : il avait toujours un public extrêmement fidèle, et qui se renouvelait. C’était très prometteur car le groupe jouait de nouveaux titres, qui étaient très bons. Et puis il y a eu l’annonce de la sortie de l’album Songs of a Lost World. Là, c’était vraiment la cerise sur le gâteau. Cela prouvait non seulement que The Cure était toujours populaire, mais aussi qu’il retrouvait une vraie forme créative. J’ai adoré cet album dès que je l’ai écouté. C’est un disque extrêmement touchant. Il parle notamment de la mort des proches de Robert Smith, de ses oncles, de ses tantes, de ses parents, mais aussi de la déliquescence du monde actuel. On sent qu’il avait beaucoup d’espoir dans les années 1960 et 1970 : l’Homme pouvait aller sur la Lune, les gens allaient arrêter de se faire la guerre, il était possible de croire à une évolution positive du monde. Quand on se retrouve quelques décennies plus tard avec Donald Trump, Nigel Farage, Jordan Bardella et Marie Le Pen, des guerres partout, les problèmes écologiques et le réchauffement climatique, forcément, le regard est beaucoup plus désespéré. Certains ont trouvé que l’album était daté ou qu’il ressassait certaines choses. Moi, je pense au contraire qu’il résonne auprès de générations très différentes. Lors des concerts de Nîmes, les Cure commençaient notamment par « Alone », un long morceau atmosphérique dans lequel Robert Smith parle de sa solitude face à tout ce qui lui arrive, et à tout ce que se passe dans le monde. Et ils terminaient le set principal avant les rappels avec un autre morceau du dernier album, le bouleversant « Endsong ». J’avais des amis présents à Nîmes qui connaissaient surtout les grands classiques de The Cure et pas vraiment Songs of a Lost World. Ils m’ont dit qu’ils avaient tout aimé, mais que ces deux nouveaux morceaux les avaient particulièrement touchés, notamment pour le chant, les arrangements, les longues introductions et le côté atmosphérique. À mon avis, ce dernier album est un chef-d’œuvre parmi les chefs-d’œuvre de The Cure. C’était aussi une manière de raconter l’histoire du groupe tout en l’actualisant avec sa discographie récente. J’ai également chroniqué le concert de présentation de l’album au Troxy, à Londres, vu sur Youtube et que j’ai ensuite pu apprécier au cinéma. Le livre va donc du premier album jusqu’à 2026, avec l’idée de raconter l’histoire de The Cure tout en la faisant vivre dans le présent.

C’était finalement assez prémonitoire de sortir un livre sur The Cure au moment où le groupe revenait avec un album aussi fort. Si Songs of a Lost World avait été mauvais, cela aurait forcément compliqué les choses…

Oui, bien sûr. Après, The Cure a publié des albums que j’aime moins, notamment à la fin des années 1990, mais ils n’ont jamais sorti de disques vraiment honteux ou lamentables. Je n’aime pas beaucoup Wild Mood Swings, par exemple, et je suis également moins convaincu par Bloodflowers, et surtout par l’album éponyme de 2004 produit avec Ross Robinson, même si j’ai appris à apprécier certains titres des deux premiers disques cités. Cela dit, je n’étais pas particulièrement inquiet à propos de The Cure : le groupe continuait à donner de très bons concerts lors de sa longue pause discographique avant Songs of a Lost World… Et puis, lors de la tournée 2022, les Cure avaient déjà joué cinq morceaux de ce disque deux ans avant sa sortie. Et ces titres s’intégraient très bien au show. Souvent, lorsqu’un groupe qui a plus de quarante ans de carrière joue des nouveautés, le public va au bar, attend les tubes et s’ennuie un peu. Mais là, ce n’était absolument pas le cas. Ces morceaux étaient inspirés, s’intégraient parfaitement à la set list et à la discographie du groupe. Ils étaient nouveaux, mais dans la continuité de ce que The Cure avait déjà fait, notamment lors de sa période Disintegration. C’était donc très prometteur. Si l’album avait été mauvais, je ne l’aurais tout simplement pas chroniqué dans le livre. Mon idée était de faire une sorte de best of subjectif de The Cure, donc je n’avais aucun intérêt à intégrer un disque moyen.

Pour ton livre, tu as choisi de croiser les témoignages de personnes que tu as rencontrées, de gens qui ont côtoyé le groupe et d’artistes qui ont été influencés par The Cure. Comment as-tu sélectionné les personnes que tu souhaitais interviewer ?

J’ai commencé par Lydie Barbarian et Richard Bellia. Richard, je l’avais déjà croisé et je savais qu’il fréquentait The Cure depuis longtemps. J’aimais beaucoup ses photos. Et Lydie Barbarian, j’avais adoré son livre Dix Années Imaginaires, paru en 1988. J’avais donc envie de parler avec eux de la carrière du groupe et de leurs souvenirs. Ensuite, j’ai essayé de parler avec Robert Smith et les membres de The Cure, ou avec des personnes très proches du groupe. Mais ils bénéficient d’une incroyable popularité partout dans le monde et sont donc très sollicités. Ils ont fait très peu d’interviews avec la presse française, aucune en fait. J’ai notamment essayé de passer par Lydie Barbarian, qui a fait suivre certaines demandes, mais Robert Smith accorde surtout des interviews à des journalistes anglais ou à des personnes qu’il connaît. J’ai quand même réussi à avoir une interview de Robert Smith dans le livre grâce à mon ami Christophe Basterra, qui est lui-même interviewé dans le livre. L’entretien avec Smith date de l’an 2000 et avait été publié dans Magic à l’époque de la sortie de Bloodflowers. Il n’est donc pas inédit, mais il est quasiment introuvable aujourd’hui, et il est intéressant parce que Robert Smith y aborde beaucoup de sujets : Bloodflowers, la carrière de The Cure, la brouille avec Lol Tolhurst, etc. Sinon, justement, j’ai réussi à rencontrer Lol pour le livre. Comme il était en tournée, j’ai pu échanger avec lui avant son concert au Centre Barbara, à Paris, en 2025. C’était un grand moment pour moi parce que j’adore ce batteur : il a joué sur les premiers disques de The Cure et j’aime énormément son jeu, très minimaliste. Il a été charmant et très intéressant. C’était vraiment cool de lui parler. Cela s’est fait grâce à Lydie Barbarian, que je remercie chaleureusement pour son aide. Dans mon livre, je voulais montrer que The Cure pouvait plaire à tout le monde, j’ai donc interviewé des fans que je connaissais, comme Sébastien Lopez ou Calmin Borel, qui suivent le groupe depuis très longtemps et qui collectionnent beaucoup de choses autour de The Cure. Mais je voulais aussi interroger des artistes dont on ne s’attend pas forcément à ce qu’ils soient fans de Cure. Par exemple, Anton Newcombe, de The Brian Jonestown Massacre. Il a une réputation assez sulfureuse et, quand il n’aime pas quelque chose, il le fait généralement savoir. Je l’avais déjà interviewé deux ou trois fois et je percevais chez lui des influences communes avec The Cure, notamment dans sa manière de chanter. Je lui ai donc proposé qu’on se parle, et l’entretien est captivant je trouve. Ce qui ressort, c’est son immense respect pour Robert Smith et le fait qu’il ait beaucoup écouté The Cure. Dans le bouquin, il y a aussi le grand Bernard Lenoir dont on parlait un peu plus tôt. Voir quelqu’un d’aussi important pour la musique en France – notamment pour ce qu’il a apporté à France Inter avec les Black Sessions –, parler de Robert Smith et du groupe avec autant d’enthousiasme, je trouvais cela très révélateur, et très émouvant. Et puis il y a des interviews plus surprenantes, comme celle de Nicolas Godin, la moitié du groupe Air. J’adore Air et je ne voyais pas forcément les influences de The Cure dans sa musique. Christophe Basterra m’avait dit qu’il était fan et qu’il avait remixé certains titres en s’inspirant du groupe de Robert Smith. En discutant avec lui, j’ai découvert qu’il s’en était effectivement inspiré, tout en essayant de ne jamais copier bêtement. En plus, il a rencontré personnellement Smith, et il a une anecdote savoureuse autour d’une visite du château de Versailles. Je voulais aussi qu’il y ait de jeunes artistes, pour montrer que The Cure continue à résonner auprès des nouvelles générations. Il y a notamment le groupe post punk FoxHole, les très doués folkeux de Garciaphone, Calvin Keller des post punks in french de Sinaïve, le grunge / cold wave de Jessica93 et Par.Sek, un groupe électro de Clermont qui se maquille sur scène. Tous ont été inspirés par The Cure. Il y a aussi une interview de Frédéric Lo, qui raconte notamment avoir appris à jouer de la guitare en écoutant The Cure. Et l’une des interviews qui m’a le plus surpris est celle de Pasquale Pasquale Pezzilo, du groupe JoyCut. C’est à la fois un musicien et un immense fan de The Cure, mais aussi quelqu’un de proche de Robert Smith. Il imagine avec son groupe une très marquante musique ambiant et a notamment remixé un titre de Songs of a Lost World. Dans son entretien, on comprend que la musique de The Cure fait véritablement partie de sa vie, il en parle avec une telle passion que c’est hyper touchant. Il y a également deux interviews assez amusantes et évocatrices, celles de Thomas VDB et de Michka Assayas. Tous les deux étaient passés à côté de The Cure au début. Ils n’aimaient pas vraiment le groupe et trouvaient les fans habillés en noir, les fameux « corbeaux », un peu prétentieux. Et puis, avec l’âge, ils sont revenus vers cette musique. Ils ont redécouvert certains morceaux et albums, changé progressivement d’avis et fini par reconnaître que Robert Smith avait écrit de très grandes choses. Je trouve que cette évolution au fil de leur parcours est assez remarquable.

 

Le fil narratif autour des albums rend aussi le livre plus dynamique qu’une simple succession de témoignages. Comment as-tu construit cette architecture ?

Je lis beaucoup de livres sur la musique et j’ai une sainte horreur des ouvrages universitaires trop académiques dans lesquels on peut passer vingt ou trente pages sur une séance d’enregistrement du 14 octobre 1972 ! Certaines personnes aiment ça, mais ce n’est absolument pas ce que j’ai envie de lire. Je ne voulais donc pas publier ce genre de livre. J’ai essayé d’être original et surtout de produire quelque chose de vivant et de facile à lire. Entre les interviews, il y a les meilleurs albums de The Cure que je chronique et que je détaille, ainsi que des extraits d’interviews de Robert Smith qui permettent de mieux comprendre comment les choses se sont passées. Le livre fait environ 400 pages, mais on peut vraiment piocher dedans et y revenir plus tard. On peut lire une interview, aller cent pages plus loin, revenir à un disque ou à un concert. La construction est globalement chronologique, même si je commence par Standing on the Beach, qui est, à mon avis, la meilleure compilation de The Cure et qui date de 1986. Ensuite, je détaille les albums de manière plus ou moins chronologique, en alternant les interviews, les chroniques de disques et les concerts que j’ai vus en vrai, en vidéo, via un DVD ou au cinéma. Je n’ai évidemment pas pu assister aux concerts de 1984 ou à The Cure in Orange. J’ai dû visionner ce dernier en cassette vidéo cinquante ou soixante fois ! Pour moi, c’est le meilleur concert de The Cure, et même l’un des meilleurs de l’histoire du rock. Tout est parfait : le cadre du théâtre antique, les chansons, le groupe, la réalisation de Tim Pope, le public… Dans ce film culte, on découvre les Cure comme de véritables dieux du rock jouant des chansons intemporelles.

Le livre est également illustré par de nombreuses photographies. Comment as-tu choisi les images qui allaient accompagner le texte ?

C’est un travail collectif. Il y a des photos d’archives que l’éditeur a sélectionnées et placées dans le livre pour rythmer la lecture et éviter ainsi d’avoir uniquement du texte. Il y a aussi des photos du concert de Nîmes en 2026 prises par Sébastien Faits-Divers, ainsi qu’une magnifique photo d’Antoine Giacomoni en couverture. Il y en a également une autre de la même série signée par Antoine en 1981, elle accompagne sa belle préface. François Devred m’a aussi transmis des photos live de Cure datant des années 2000. Cela permet de rythmer les 400 pages. J’ai également intégré un dessin au début et un autre à la fin, réalisés par mes amis Fred Le Falher et Audrey Guinet, pour apporter quelque chose d’un peu plus original. Sébastien Faits-Divers m’a aussi transmis une belle photo de Lydie Barbarian qu’il a réalisée cet été à Nîmes. Il y a également une photo du chanteur d’And Also The Trees, prise par Sébastien, qui m’a permis de réaliser l’interview, très parlante, de Simon Huw Jones. And Also The Trees, c’est un groupe qui a été lancé en partie grâce à The Cure et qui entretient avec eux une relation depuis les années 1980. Ce qui est assez amusant, car je ne le savais pas au moment de réaliser l’entretien, c’est qu’il a assuré les trois premières parties de Cure à Nîmes en 2026. C’était une sorte de retour aux sources. Les membres d’And Also The Trees sont toujours amis avec Robert et Simon, tout en restant fans de la musique de The Cure. Ce qui est intéressant dans l’interview de Simon, c’est qu’il ne dit pas simplement que Robert Smith est génial et qu’il aime tout ce qu’il fait. Il explique qu’il préfère surtout la période des années 1980 et qu’il y a eu des moments où il en avait assez d’être constamment associé à The Cure. And Also The Trees s’est naturellement détaché du son de The Cure, évoluant du post-punk des débuts vers quelque chose de davantage folk. C’est aujourd’hui un groupe complètement différent, que je trouve vraiment excellent. Je le connaissais assez peu au début du livre et, grâce à cette interview, j’ai découvert sa musique, et je suis devenu fan. J’ai vu And Also The Trees trois soirs de suite à Nîmes avant Cure, j’ai beaucoup écouté le dernier disque, que j’ai également chroniqué et que je considère comme un chef-d’œuvre. Le groupe va jouer prochainement – début 2027 – à La Coopérative de mai, à Clermont-Ferrand, où j’habite, et j’ai hâte de le revoir. Tout cela montre aussi la fidélité de Robert Smith : il  avait choisi And Also The Trees comme première partie dans les années 1980 et il continue à leur proposer de jouer avec The Cure en 2026.

 

Toute cette période d’écriture et de recherches a-t-elle finalement changé ta vision de The Cure ? Après avoir plongé aussi profondément dans l’univers du groupe et recueilli autant de témoignages, le regardes-tu aujourd’hui différemment ?

Non, pas vraiment, j’étais déjà très fan en 1986 et j’ai énormément écouté la musique de The Cure avant de me lancer dans le livre. Je les ai vus en concert dès 1992 et très régulièrement par la suite. Écrire le livre n’a donc pas vraiment changé ma vision du groupe. En revanche, c’était un immense plaisir de fouiller encore davantage dans leurs interviews, de faire des recherches, de découvrir des anecdotes et de croiser les témoignages. Au fond, je connaissais déjà très bien The Cure, mais ce livre m’a permis d’appréhender l’histoire du groupe avec davantage de recul et surtout de constater à quel point sa musique continue de toucher des gens très différents. Et c’est probablement ce qui m’a le plus intéressé dans cette aventure. 

Photo de couv. Rémi Boissau

Mix spécial The Cure le jeudi 8 octobre 2026 chez Hagalaz, place du Mazet à Clermont-Fd :
 
Rencontre dédicace à Paris le 14 octobre à 19h :
 
Rencontre dédicace + concert de reprises de The Cure par Wendy Darlings, Foxhole, Garciaphone, Morgane Imbeaud, Alexandra Issartel, Joann d’Octobre Novembre, etc. à Volvic (près de Clermont-Fd) le 16 octobre à 19h30 :