[Interview] After Geography – « A Hundred Mixed Emotions Live EP » (exclusivité Disquaire Day 2026)

Révélés par un premier album salué pour ses harmonies ciselées et sa finesse d’écriture, les Lyonnais d’After Geography ont depuis forgé leur réputation dans la chaleur des salles et l’intensité des tournées. Avec “A Hundred Mixed Emotions Live EP”, publié à l’occasion du Disquaire Day, le groupe fait un focus sur cette belle énergie, élégante et enivrante, où les morceaux se transcendent et explosent dans une magnifique union collective. Entre cohésion retrouvée, line-up stabilisé et envie d’aller toujours plus loin, After Geography est une formation en pleine affirmation à suivre de très près. Interview.

Votre précédent entretien remonte à quelques années. Depuis, beaucoup de choses ont évolué : concerts, album, reconnaissance… Quel regard portez-vous sur ce parcours ?
After Geography : Oui, il s’est passé pas mal de choses. Le premier album a vraiment marqué un tournant pour nous. Avant ça, on était encore dans une phase où on se cherchait, que ce soit dans le line-up ou dans la direction musicale. Il y avait des envies, mais pas forcément encore une ligne très claire. Cet album nous a permis de poser quelque chose de solide, une identité sur laquelle on peut s’appuyer aujourd’hui. C’est un peu le point de départ de tout ce qui arrive maintenant.

Justement, il y a eu des changements dans le line-up. Est-ce que ça a modifié votre manière de composer ou votre son ?
After Geography : Pas de manière brutale. L’écriture est restée assez centrale chez nous deux, mais les changements se sont faits progressivement, presque naturellement. Par exemple, certains éléments sont apparus avec les nouveaux membres : un solo de slide ici, une approche différente des arrangements là… Ce ne sont pas des décisions théorisées, c’est plutôt des choses qui s’installent avec le temps.
L’arrivée de Lali à la batterie a aussi compté, même si elle est arrivée après l’enregistrement. On avait déjà en tête des harmonies plus riches, des chœurs, quelque chose d’assez ample, presque à la Fleetwood Mac dans l’esprit. Aujourd’hui, on sent qu’on a trouvé un équilibre, quelque chose de très stable où chacun apporte vraiment sa couleur.

Cette stabilité se ressent aussi humainement ?
After Geography : Oui, complètement. Lali s’est intégrée hyper vite, de façon très naturelle. C’est presque comme si on la connaissait déjà. Et ça change beaucoup de choses : aujourd’hui, on fonctionne vraiment comme un groupe, une entité. On est quatre sur scène, quatre sur les photos, quatre dans le projet. Ça peut paraître évident, mais ça ne l’est pas toujours.
Et puis il y a aussi une forme de revendication derrière ça : à une époque où on nous disait que les groupes étaient moins “tendance”, nous, on avait envie de défendre ça. Parce que ce n’est pas toujours simple, mais c’est ce qui nous fait vibrer.

Est-ce que cette configuration ouvre de nouvelles perspectives créatives ?
After Geography : Oui, surtout dans tout ce qui dépasse l’écriture pure : les arrangements, les textures, les voix… Il y a beaucoup plus de possibilités. Après, l’écriture reste souvent initiée par nous deux, parce que c’est comme ça que le groupe s’est construit, mais tout le reste se nourrit vraiment du collectif. Et là, comme on est en train de travailler sur le deuxième album, ça va forcément continuer à évoluer.

Vous avez beaucoup tourné, notamment en premières parties. Est-ce qu’il y a des rencontres ou des moments marquants ?
After Geography : Plus que des conseils, ce sont surtout des moments d’inspiration. On observe beaucoup les autres artistes, leur manière de gérer la scène, de construire un show. Et parfois, il y a des moments assez forts, comme récemment avec Pete Doherty. Il est venu nous voir après un concert, il a regardé le set depuis la scène, puis depuis la fosse, et il est venu nous féliciter. Quand tu sais l’impact qu’il a eu sur nous, ça fait quelque chose.

Vous avez aussi joué dans des conditions très différentes, comme à la LDLC Arena en première partie de Clara Luciani…
After Geography : Oui, c’était une première pour nous dans une salle de cette taille. C’est à la fois hyper excitant et un peu intimidant, parce que tu ne sais pas comment le public va réagir. Et au final, ça a été une super surprise. Les gens étaient hyper réceptifs, il y avait une vraie énergie.
Bon, il y a eu quelques moments un peu sportifs sur scène (rires), mais globalement, ça reste un souvenir très fort. Ce genre de concert te pousse à donner encore plus.

Qu’est-ce qui vous fait le plus vibrer sur scène aujourd’hui ?
After Geography : Ce sont ces moments où tout s’aligne. Le tempo, le groove, l’énergie du groupe, la réponse du public… Ça ne tient parfois à pas grand-chose, mais quand ça arrive, c’est incroyable.
Et puis il y a aussi la liberté dans le jeu, notamment avec Lali. Elle a une approche très fluide, presque jazz, avec des variations, des prises de risque. Ça crée des tensions, des surprises, et ça rend chaque concert différent.

Parlons de cet EP live “A Hundred Mixed Emotions Live EP”. Pourquoi ce projet ?
After Geography : On avait envie de mettre en avant tout ce qu’on avait vécu sur scène avec cet album. Les morceaux ont évolué, ils ont pris une autre dimension. Plutôt que de faire une réédition classique, on a préféré capturer cette énergie-là, dans quelque chose de plus direct.
Et le sortir pour le Disquaire Day avait du sens : c’est un moment particulier, qui met en valeur le disque, l’objet, et tout un écosystème qu’on aime beaucoup.

Justement, le vinyle semble important pour vous…
After Geography : Oui, énormément. Déjà parce qu’on aime l’objet, le son, le format. Mais aussi parce que ça change la manière d’écouter la musique. Tu prends le temps, tu écoutes un album dans son intégralité, tu t’appropries vraiment le disque.
Et puis il y a aussi cette idée de proposer quelque chose d’exclusif, qui n’est pas forcément disponible partout. Ça recrée un lien un peu différent avec le public.

Comment avez-vous choisi les morceaux de cet EP live ?
After Geography : On a pris des titres qui prennent une vraie ampleur sur scène, parfois très différents des versions studio. Des morceaux qu’on développe beaucoup en live, avec des arrangements plus étendus. L’idée, c’était vraiment de montrer cette transformation.

Vous travaillez déjà sur la suite. Où en êtes-vous ?
After Geography : On est en train d’écrire. On avance bien, parce qu’on n’a pas envie d’attendre trop longtemps. Aujourd’hui, entre le moment où tu écris et celui où tu sors un disque, il peut se passer énormément de temps. Donc on préfère rester dans une dynamique continue.

Et à plus long terme, quel serait votre horizon idéal ?
After Geography : Continuer à vivre de notre musique, tourner, construire un public un peu partout en Europe… sans forcément viser des stades. Jouer dans des salles de 300, 500, 1000 personnes, créer une vraie connexion avec les gens. Et surtout continuer à écrire, encore et encore.

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Photo de couv. (c)Anne-Laure Etienne