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HOST

Un hôte, du latin hospitem, de hospes, -itis, est une personne qui reçoit quelqu’un chez elle, qui lui donne l’hospitalité gracieusement. Dans un autre cas, plus médicale, c’est un être vivant qui héberge un parasite.

Ici, aucune mention à un parasite, mais bien une nouvelle porte d’entrée, qui nous invite à découvrir une nouvelle facette d’un duo de compositeurs- musiciens pour qui le blanc est la couleur complémentaire des choses sombres de la vie.

Épiderme

Février 2023, sortait le 1er album  IX –  du groupe HOST.

Host c’est le “side project” des deux membres fondateurs du groupe de métal Paradise Lost : Greg Mackintosh et Nick Holmes.

Paradise Lost c’est un peu le grand frère et digne représentant de ce que l’Angleterre produit de mieux en terme de musique extrême, toutes familles confondues. C’est le digne héritier de Black Sabbath, une pointe de Death Metal et Doom en plus. Il est certain que le Heavy Métal prend ses origines outre manche, comme pourrait-il l’être autrement avec l’impact des artistes comme Ozzy Osbourne et Tommy Iommi qui tiennent la barre depuis plus de 50 ans. Comme tous les représentants de la NWOBHM (Iron Maiden, Judas Priest et cie) et des groupes aussi différent que Cathedral ou Carcass. C’est dans ce contexte musicale que Greg Mackintosh (Guitare) et Nick Holmes (Chant) ont crées au début des années 80 – 1984-85 pour être plus précis, ce qui allait devenir l’un des poids lourd du genre : Paradise Lost.

Mais la terre des angles est aussi à l’origine d’autres mouvements musicaux qui ont sut aussi se faire une place dans le cœur des metaleux les plus ouverts d’esprits. Ainsi la New wave, La Cold wave avec des groupes comme The Cure, Depeche Mode, The New Order,  Siouxie and the Banshees, armés de leurs nappes de synthés, les lignes de basses bien lourdes et des textes noir à souhaits.  Tous ses éléments ont trouvés le chemin vers nos deux protagonistes.

L’invité donc est là, nous pouvons commencer à partager.

L’autre

IX- HOST- chez Nuclear Blast – 2023

La pochette est sublime. Un travail sur le gris et le blanc tout en retenu. Un couple de mannequins abimés s’effleurent et ils adoptent ainsi une attitude très humaine.  Les mannequins seront d’ailleurs aussi utilisés pour le premier clip extrait de l’album : “Tomorrow Sky”. Néanmoins les seuls humains présents sont à l’intérieur, au cœur du projet ce qui en fait tout un symbole. Une ligne vocale coupe le visuel dans sa largeur et créer une parallèle avec les bandes blanches façon “cinémascope”.

Une mention spéciale pour le logo “HOST” qui est sûrement l’un des meilleurs logotype de groupe ayant existé. Réussir à rassembler les quatre lettres du nom en respectant le sens de lecture et lui donnant toute son identité est assez rare pour l’exprimer !  Nous sommes à 10 millions d’années lumière du nom du groupe illisible intégré à une forêt de branches sans feuilles, blanc sur fond noir. Le concept design de l’album est aussi du travail entre nos deux comparses : Greg est à conception et la réalisation du “cover art” et le logo est le fruit de Nick Holmes.

IX – propose dans sa version Deluxe, 12 titres qui font la part belle aux compositions new wave. Exit les blast et les riffs heavy de Greg Mackintosh. La six-cordes est complémentaire des nappes de synthé et de la programmation. Les textes de Nick Holmes et son interprétation font encore une fois mouche, dans un registre plus soft. D’ailleurs il est pour moi, l’un des meilleurs chanteurs du genre ! Capable d’associer des voix plus douce et mélodieuse et dans un même temps de tenir la route avec des projet comme BloodBath (Death Métal Old Shool) sans concession, brut de décoffrage et ne faisant pas dans les détails.

Une chose est sûr, Greg et Nick, proposent un album “pur plaisir” pour eux et pour nos oreilles. Il est assez rare à mon sens de pouvoir réussir un tel coup de force avec un tel projet. Preuve encore une fois, que l’ouverture d’esprit est source de création, même pour les styles musicaux comme le doom métal et les plus réfractaire d’entre nous.

10 titres, qui méritent toute vôtre attention. Qui vous feront aussi voyager comme c’est surement le cas, avec le dernier Depeche Mode. Le fond et la forme sont présent sur cet opus et c’est l’essentiel.

L’album se termine sur une reprise du groupe  A Flock Of Seagulls – I Ran et deux versions remix des deux titres de l’album : ” Hidding for Tomorrow” et “Tomorrow sky”.

Seconde peau

Ce n’est pas la première fois, que les deux artistes proposent d’ouvrir les chants du possible musicalement. Les premiers albums de Paradise Lost, étaient tous emprunts de rythme lourd, de vocaux flirtant avec death-métal naissant. L’ensemble étant parsemé de mélodies teintés de mélancolie, assimilé plus tard à la musique gothique. Puis en 1997, l’album One Second, fait l’effet d’une bombe dans le milieu métal. Un break, une cassure pour certains, une continuité logique pour d’autres. Reste pour moi, une prise de risque assez significatif dans un milieu réputé réfractaire et arrogant à tout changement. Une prise de risque, couronné de succès qui va donner quelques très bon albums dans la même ligné. En 1999 avec l’album Host , puis en 2001 avec Believe In Nothing et enfin l’année suivante 2002 Symbol of Life.

Avant un retour aux sources en 2005 avec l’album : Paradise Lost

Qu’importe l’attrait pour la musique et le genre new have ou goth. C’est avant tout la reconnaissance simple d’un bon titre et cette démarche fait partie de l’ ADN des projets de Nick Holmes et Greg Mackintosh. N’oublions pas que déjà sur Dracionan Time (1995), nous avions eu droit à une reprise du groupe The Smiths – How soon is now ? ici la version de Paradise Lost

Cette volonté n’était que les prémices de l’exploration de nouveaux territoires musicaux. comme en témoigne les reprises des titres comme Smalltown Boy du groupe Bronski Beat et Xavier de Dead Can Dance.

Nombreux sont les groupes qui rendent un hommage à des titres qui n’ont pas forcément de rapport avec leurs univers, dernièrement le groupe Français S.U.P à repris le titre phare “Never let me down again” de Depeche Mode et c’est une réussite !

Pour conclure, le rock, le métal et la musique en générale, reste aussi une histoire de reprise. C’est souvent le prétexte fondateur pour la création d’un groupe. Et c’est ce qui fait que la musique soit universel.

Ne passez pas à côté de cet album.

Je dédie cet article à la couleur Noir, qui partage mon existence et à Monsieur Michel Pastoureau qui sait démontrer à travers ses écrits la complexité des émotions chromatiques.

Ekimr


Liens

Site Officiel : https://officialhost.co.uk/

Facebook : https://www.facebook.com/officialhostuk

Illustration de l’article : Mike Rouault