DOLMAN le nouvel album de Valoy

C’est aujourd’hui, vendredi 3 décembre 2021 que sort le nouvel album de Valoy “DOLMAN”. Cet artiste atypique, de la scène rennaise aux racines multiples entre musique , cinéma et littérature. Infatigable auteur, compositeur, souvent dans l’ombre de grands noms ( Fishbach, Orelsan et Alan Stivell, …) Olivier VALOY nous dévoile un album riche de sons et de sens, où le mouvement n’est pas qu’un prétexte à la performance mais plutôt une ligne de conduite. 

Nous vous avions déjà présenté, avec enthousiasme non dissimulé, son premier single, extrait de DOLMAN, en octobre dernier “Heureux dans la vie” (Petit retour en page par ici ).

Pour ne pas manquer d’explorer ce nouvel opus, la parole de son créateur n’a pas d’égal, alors voici l’entretien qu’il nous a accordé, au pied des “Horizons” à Rennes, histoire de voyager plus loin…

 

Photo Anne Marzeliere

Pour débuter cet entretien que peux tu nous dire du point d’origine de ton parcours musical ?

J’ai commencé à faire de la musique vers 15/16 ans. Dès que j’ai eu le bac, j’étais dans le rythme de l’intermittence en tant que musicien et en 1993 j’ai ajouté le son comme un sujet de plaisir supplémentaire, pour compléter un ensemble et aussi pouvoir gagner ma vie je voulais rester professionnel de la musique sans faire de concession, y compris dans des styles qui auraient pu être imposés par les modes.

Je ne suis pas purement technicien. Je suis une espèce de musicien global, auteur, compositeur et créateur. Ça passe par des actes de production ou de technique sonore, que ce soit pour moi,pour les albums que j’enregistre ou alors au service d’autres artistes.

DOLMAN est le nom de ton album, doù vient-il ? Un hommage à la Bretagne, à un breton ?

Ce nom il m’est venu relativement tard dans le processus de création. J’ai écrit cet album à Rennes où Marquis de Sade écrase l’histoire, DOLMAN est en quelque sorte une prise de fanion auprès de Philippe PASCAL, il a grandi à Dol de Bretagne, le  titre DOLMAN correspond à l’homme de Dol.

Le propos du Marquis de Sade, cette attitude, la posture et la démarche de Philippe Pascal ont été inspirants, le premier album et le retentissement qu’il a eu, y compris depuis ma Champagne-Ardenne natale, compte dans mon parcours

Ils ne sont pas nombreux les projets de rock français, qui ont donné le sentiment d’avoir inventé quelque chose. Ce n’est pas en rock qu’on est les meilleurs, quoi… En France en cinéma, en littérature, ça va, on cartonne. En musique rock pas trop, mais Rita Mitsouko et Marquis de Sade relèvent le niveau.

Photo Anne Marzeliere

Sur ton disque on retrouve un lien permanent avec la littérature, le cinéma… Cet album donne le sentiment dun voyage…

Ça me fait très plaisir de partager ça, j’ai l’obsession de l’album concept. Moi quand je fais des albums, c’est comme un petit film et ou comme une nouvelle, je raconte une histoire, jadore penser les albums avec une cohérence et un cheminement.

Pour ce troisième disque, je l’ai construit en le pensant comme le scénario d’une espèce de pièce audiovisuelle, moitié psychanalytique, moitié cinématographique.

Il y a quelques intro qui m’ont fait penser beaucoup à l’Homme à la Tête de Chou

Oui, c’est vrai, comme l’intro de « C’est l’été ». Cet album que tu cites n’a jamais été un album de chevet pour moi ; mais il est là depuis presque 30 ans, et régulièrement, quand je retombe dessus, je me dis wow! Je vibre pareil, je l’aurais un peu fait comme lui, il me vient alors comme une proximité créative et elle se retrouve donc à ce moment de mon projet.

Pour l’écriture, quelle peut-être ta réflexion dorigine, ton point de départ ?

J’essaye de créer et y compris dans des textes que j’écris pour d’autres chanteurs, un lien entre l’intime et l’universel, partir de l’intime et ouvrir. Là, particulièrement sur « l’homme neuf » c’est l’inverse. J’ai écrit toute la première partie et deux ans plus tard le final m’est venu, il y a vraiment l’idée de l’évolution, l’humain en marche. J’aime les nuances, rien n’est ni tout noir, ni tout blanc. L’humanité a toujours été en attente de l’arrivée d’un être providentiel, d’un espèce de Dieu ou de prophète. Mon idée c’est ce qu’on pourrait faire pour être mieux et devenir nous mêmes en nous régénérant en notre propre prophète. Justement, là, c’est plutôt que je suis parti un peu de l’universel et d’une réflexion philosophique. Et à la fin, je me recentre sur mes deux cœurs qui font battre le mien, celui de mes parents. Souvent, je fais plutôt des chansons qui parlent d’un sentiment et de quotidien et cela s’ouvre sur des réflexions globales.

J’essaye de faire les choses comme un réalisateur de cinéma. L’ordre des titres a beaucoup d’importance.

Cet univers quelque peu chimérique, par exemple avec le titre « Une château fort » que peux-tu en dire ?

Là, c’est vraiment une espèce de texte un peu surréaliste. À un moment donné c’est le mélange des sentiments et des idées, des principes d’honneur avec la guerre, la défense, la conquête comme étendards.

C’est tout ça qui se juxtapose dans une tête. Avec la dimension seigneuriale pour la profondeur….

L’autre, l’exutoire, la métaphore des intermédiaires et des projections, les allers retours dans le temps, des défaites, des sentiments avec l’histoire et des contes de fées avec un monstre… voilà mes ingrédients principaux.

DOLMAN est donc un album concept au sens strict du terme ?

Avant on écoutait tout un album, on n’en zappait pas moins par 45 tours interposés. C’était la règle faire des albums en recueil d’histoires qui se raccrochent souvent les unes aux autres…. Je ne trouve pas ça méprisable de zapper pour voyager dans la musique, mais on peut mieux plonger dans un univers, sur la durée, et en extraire des symboles ; c’est aussi très intéressant dans une approche globale.

Le centre de ma réflexion c’est de construire une pièce audiovisuelle.

Il y a une attente depuis la sortie de ton premier single, comment vois-tu les choses pour la suite de cette aventure ?

Les gens sentent qu’il y a un truc derrière. On a tous l’envie de savoir ce qui va se passer derrière un acte, y compris musical comme celui là. Donc, le choix aussi du single a été plutôt très bien vu, parce qu’il ouvre vers quelque chose. Les gens ne savent pas encore quoi. Ça, c’est vraiment les liaisons que chacun fera. Le désir, c’est donner envie. Et on a envie d’emmener les gens avec soi, les faire voyager.

On retrouve les sons synthétiques …inspiration from London ?

Quatre ou cinq titres de DOLMAN ont une connotation électronique pour la conception de ces morceaux, nous nous sommes nourris François Pavan et moi d’ambiances électroniques.

François est mon alter ego. Il compose en mode home studiste. L’élaboration de musiques par petites touches pour créer finalement un seul tableau. La New Wave a donc été un ingrédient essentiel à l’origine pour nous.

On remarque un son Basse sixties assez présent sur ton disque…

Il s’agit toujours du même François Pavan nous nous connaissons depuis longtemps. Je l’ai rencontré à 18 ans. On avait un groupe ensemble. Après mes aventures musicales solos, là je lui ai proposé de faire de la basse alors qu’il n’en avait jamais fait. On est allé acheter l’instrument et donc on a pris donc une Mosrite californienne et qui est, paraît il, beaucoup jouée dans beaucoup de titres comme que des B.O. américaines comme Kill Bill et Pulp Fiction.

Quelle est ta quête permanente personnelle, au-delà de tes intentions artistiques ?

J’aime l’idée de chasser les nuages qui peuvent vraiment assombrir un horizon. Et par rapport à ce projet de Valoy, Je souhaite que ce projet donne envie à tous, de vivre sans être esclave.

Je n’aime pas l’idée qu’un individu n’essaye même pas de briser ses chaînes. Je veux donner la possibilité à un maximum de gens de pouvoir comprendre où sont leurs chaines et de pouvoir s’en libérer.

Je propose ma musique en facilitateur pour faire en sorte que les nuages cessent d’assombrir le ciel de ceux qui le souhaitent. Il y a un truc humaniste dans tout ça, disons philosophique. Parce que là, et très clairement la partie ne se joue pas seul. Faire des choix et savoir dire non c’est pas normal.

Photo Ben Pi

A l’écoute de tes « Proustine », la question est quelle place prend la littérature dans tes compositions ?

Ce titre affiche naturellement cette proximité à la littérature. Mon album précédent, qui s’appelle « 24 Peace », utilisait des mots de Flaubert issus des « Correspondances ».

Une sorte de plan de côté et aussi d’allers-retours dans le temps, des mots écrits au XIXè siècle se retrouvent dans des créations récentes, c’est aussi un hommage.

Là, cette fois-ci, pour DOLMAN c’est tombé sur Proust, donc dans la Proustine Une et dans la Proustine II, sur la base d’un instrumental à nous j’ai sollicité Eric Pifeteau pour lire ces proustines, ces deux passages sont extraits de Sodome et Gomorrhe.

Tes autres  phares dinspiration dans la poésie… ?

Victor Hugo. Je mets très en avant la littérature en général dans ce que je conçois. Je n’étais pourtant pas du tout le gars qui lisait beaucoup, longtemps je n’avais lu que Le Petit Prince et le scénario de Rocky 3. C’était énorme ! Après il y a eu les correspondances de Flaubert, et Proust le virtuose de la langue française.

Jouer avec les mots, les manipuler, c’est devenu petit à petit une espèce de seconde nature.

Pour une personne qui ne te connaît pas dans ta créativité artistique, comment peut décrire ton fonctionnement ?

Ces derniers temps on me dit que je suis dans la catégorie des hyperactifs. J’ai ce besoin de remplir mon quotidien au maximum d’idées, de paroles, de dialogue, et de musique, pour ne pas m’ennuyer.

Je suis sur ce chemin là, avec parfois des tempos différents, et ça c’est très bien.

Ton écriture pour Fishbach…

Elle est de Charleville-Mézières, donc à 100 km de ma ville natale. Autour de 2010 je la découvre. C’est moi qui m’intéresse d’abord à elle. En la sollicitant pour participer à une résidence de création. C’était Il y a dix ans, après l’été 2012, un album est à venir en février et notre collaboration se poursuit.

Photo Ben Pi

Ce 3ème album, DOLMAN, que représente t-il pour toi ?

Ce troisième album de Valoy, c’est pour moi une vitrine de l’ensemble de mon travail, le truc va être donc achetable et audible par les gens.

J’aime aussi penser ma musique en live, on va le montrer aussi le plus possible et de la manière la plus séduisante possible, cest une nouvelle porte qui s’ouvre pour moi, comme une galerie qui présente d’autres œuvres. J’aime beaucoup faire le chanteur mais mon passe temps préféré c’est le songwriting, créer des chansons. C’est un plaisir énorme.

.

C’est ainsi que nous avons remercié VALOY pour cette rencontre, aux pieds des « horizons », pour que ce DOLMAN voyage loin et vous emmène au-delà de la routine…

Suivre VALOY : https://www.facebook.com/TalkValoy
Écouter DOLMAN : https://www.youtube.com/channel/UCvP2esn0wEqspFIR3SN9CsA


Guillaume d’Arsène

Une réflexion au sujet de « DOLMAN le nouvel album de Valoy »

Les commentaires sont fermés.