Pitou embrasse le chaos et ouvre un nouveau chapitre avec P2.
Avec To Do What, son nouveau single accompagné d’un clip intrigant et abrasif, Pitou annonce clairement la couleur : P2 s’annonce comme véritable mue artistique. Attendu le 20 mars 2026, ce nouvel album dont le titre signifie à la fois Pitou et Part Two, marque une rupture assumée avec Big Tear, son précédent disque, salué pour sa densité émotionnelle et musicale.
« J’ai découvert une facette complètement nouvelle de mon écriture », confie Pitou. L’image est parlante : là où Big Tear s’érigeait comme une cathédrale introspective, refuge mélancolique bâti pierre après pierre, P2 se vit comme un espace ouvert, mouvant, traversé par des vents contraires. La musicienne belge n’abandonne pas la profondeur qui a fait sa singularité, mais elle élargit le champ. La musique, dit-elle, est devenue un personnage à part entière de sa vie, il était temps de lui donner toute la scène, avec ses contradictions, ses élans et ses zones d’ombre.
Cette transformation puise dans une période de turbulence post-Big Tear. « Un état d’inconfort constant, avec la sensation que tous les chemins s’ouvraient soudain devant moi », résume Pitou. Une phrase qui pourrait servir de manifeste à P2, album de bifurcations et d’expérimentations. Auto-produit par l’artiste, avec l’appui du producteur anversois Youniss Ahamad, le disque navigue entre jeux sonores spontanés et constructions plus classiques, sans jamais chercher à lisser ses aspérités.
Autour de Pitou, le noyau dur est intact : M. Alberto (saxophone, clarinette), Lieke Heusinkveld (claviers, clarinette), Jasja Offermans (basse) et Mischa Porte (batterie) apportent cette cohérence organique qui permet à l’album de rester incarné malgré son goût pour le risque. Le mixage, confié à Matthijs Kievit, parachève cet équilibre fragile entre maîtrise et lâcher-prise.
To Do What est sans doute la porte d’entrée la plus frontale de cet univers. Rétif, presque industriel, le morceau agit comme un règlement de comptes avec l’obsession de comprendre. « J’ai essayé de laisser exister la question et le chaos, sans offrir de réponse », explique Pitou. Ici, le non-savoir devient une posture créative, voire politique : une célébration de l’incertitude dans un monde saturé d’explications.
Cette philosophie irrigue aussi le clip et l’artwork, réalisés par Pitou elle-même. Fidèle à l’esprit du cadavre exquis, elle y mêle dessins d’amis et d’auditeurs, fragments hétéroclites assemblés sans logique apparente. Le résultat est un collage surréaliste, libre et profondément collectif, à l’image de P2 : un disque qui accepte le désordre et y trouve une forme de joie.
Avec P2, Pitou ne cherche pas à rassurer. Elle invite au contraire à habiter le doute, à danser avec le chaos. Une proposition exigeante et stimulante, qui prendra toute sa dimension sur scène lors de son concert unique à Paris, au POPUP!, le 30 avril 2026. Un rendez-vous à ne pas manquer pour assister, en direct, à cette Part Two résolument vivante.



