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THE SMITHS VONT SE REFORMER !

Nombreux sont ceux qui se souviennent encore de ce funeste samedi 8 août 1987 où Johnny Marr annonça laconiquement au NME : « Ce qui par le passé me rendait heureux me rend malheureux, j’ai dû m’en aller ». The Smiths is dead… L’un des groupes les plus adulés du rock britton venait d’annoncer son inéluctable séparation après quatre albums studio, « The Smiths », « Meat is Murder », l’immense « The Queen Is Dead » et « Strangeways, Here We Come » (un titre d’album en référence à la prison de Manchester, anciennement appelée Strangeways Prison, comme un symbole de l’emprisonnement relationnel que Morrissey et Marr avaient inexorablement créé au fil du temps).

Mais voilà que la nouvelle la plus tonitruante (au moins depuis les révélations sur la vie érotique de Benjamin Grivault) et la plus inespérée qui soit vient d’être annoncée par Boz Boorer, le comparse de longue date du Moz : les Smiths vont se reformer !

De quoi ravigoter les plus déprimés des confinés et les mettre en joie même à la vue d’un pangolin enragé !

Cette fois-ci, il ne s’agit plus d’une ultime rumeur que n’importe lequel d’entre nous aurait lancé en espérant qu’elle se produise enfin « pour de vrai », comme un miracle, dans une énième supplication vaine. Et après tout, les Stone Roses, Slowdive ou My Bloody Valentine ne se sont-ils pas reformés récemment après une dizaine d’années d’inactivité ?

La nouvelle a été confirmée, et plus qu’à demi-mots, par Joe Chiccarelli, le producteur du treizième album du Moz, « I Am Not A Dog On A Chain », sorti le 20 mars sur le label BMG. « À notre plus grand étonnement, Johnny (NDLR : Marr) a débarqué un jour au studio La Fabrique (NDLR : à Saint-Rémy-de-Provence où une partie de l’album a été enregistrée, l’autre partie l’ayant été au mythique Sunset Sound Factory de la Selma Avenue à Hollywood, Los Angeles) alors que nous étions en train d’enregistrer des parties de guitare avec Andrea Bulletti et que Moz était en grande discussion dans un coin du studio avec Gustavo Manzur à propos du morceau « Love Is on Its Way Out ». Je me souviens que Moz a levé la tête, ne paraissant pas être plus surpris que cela, ce qui m’a tout à fait étonné. Lui et Johnny se sont serré la main, ils étaient tous deux très souriants. La scène qui était en train de se dérouler devant mes yeux à ce moment-là avait, je dois vous l’avouer, un côté surréaliste. Au point de me demander si la fatigue ne me jouait pas malicieusement des tours après les quelques jours d’enregistrement éreintants que nous avions vécus. Mais non, c’était bien réel ». 

Aux dires du producteur, tout porte à croire que les relations du duo mythique – quelques 32 ans après la séparation douloureuse tout de même ! – sont aujourd’hui pacifiées et bien plus que cela puisqu’il serait même question d’une reformation dans les prochains mois.

Tout cela semble cette fois – et enfin ! – bien engagée d’autant plus, apprend-t-on par ailleurs, que la bataille judiciaire sur la question des droits d’auteur, engagée par l’ex-batteur du groupe Mike Joyce contre Marr et Morrissey, semble s’orienter vers une issue transactionnelle amiable (comme cela avait été le cas avec le bassiste Andy Rourke).

« L’idée même d’une reformation n’est plus à exclure » précise Boz Boorer, « mais assurément pas avant l’an prochain. Des dates sont d’ores et déjà programmées aux États-Unis cet été pour la tournée de « I Am Not A Dog On A Chain » (NDLR : notamment une série cinq concerts au Colosseum du Caesars Palace à Las Vegas entre le 26 juin et le 4 juillet puis mi-septembre au Cruel World Fest 2020 à Carson et au Manhattan Center Hammerstein Ballroom à New York) avant un retour en Europe fin septembre (NDLR : le concert à la salle Pleyel, initialement prévu le 11 mars, a été reporté au 24 septembre pour cause de pandémie), pendant que Johnny sera de son côté et à l’inverse, en tournée à travers les Etats-Unis et le Canada entre août et octobre ».

Qu’à cela ne tienne, les fans du monde entier du plus célèbre groupe de « Madchester » (So much to answer for… remember le morceau « Suffer Little Children ») semblent bien résolus à attendre sagement quelques mois encore, et profiteront de l’interlude pandémique forcé pour réécouter « There Is a Light That Never Goes Out », « How Soon is Now », « I Know It’s Over » et les autres monuments désormais plus si lointains que ça…

Alechinsky.