The Cure – « Boys Don’t Cry » : anatomie d’un hymne qui refuse de vieillir

Il y a des chansons qui traverser les décennies comme si le temps n’avait aucune prise sur elles. À l’été 1979, The Cure publie « Boys Don’t Cry » un single nerveux qui ne figure même pas sur la version britannique de leur premier album « Three Imaginary Boys ». À l’époque, personne ne parle encore d’hymne générationnel. Pourtant, la graine est plantée.

C’est aux États-Unis que le morceau prend une autre dimension. Rebaptisant l’édition américaine de « Three Imaginary Boys », « Boys Don’t Cry » devient le titre phare par lequel The Cure se présente au monde. Derrière son énergie pop et sa mélodie immédiate, le morceau porte déjà cette mélancolie, iconique, qui deviendra la signature émotionnelle de Robert Smith.

Sept ans plus tard, en 1986, alors que le groupe regarde déjà derrière lui avec la compilation « Standing On A Beach – The Singles » (Staring At The Sea), Robert Smith décide de reprendre le contrôle du titre. Il réenregistre la voix, retravaille le mix et donne naissance à une nouvelle version : « Boys Don’t Cry » (New Voice – New Mix). Paradoxalement, cette mouture, pourtant conçue pour promouvoir le best-of, ne figure pas sur le LP, qui conserve l’enregistrement original. Le remix de 1986 devient alors une pièce à part, une version fantôme, circulant surtout via les formats maxi.

Quarante ans après la sortie initiale du single, The Cure exhume enfin cette version longtemps restée hors des plateformes numériques. Pour célébrer un cap symbolique « Boys Don’t Cry » devenant leur premier titre à franchir le milliard d’écoutes sur les plateformes le groupe annonce la sortie d’un EP « Boys Don’t Cry » en édition limitée. Disponible à partir du 21 avril 2026, il met à l’honneur le mix de 1986, désormais officiellement rebaptisé « Boys Don’t Cry (86 Mix).

Remasterisé par Matt Colton, l’EP ne se contente pas de revisiter le morceau phare. Il rassemble également les faces B emblématiques des premiers singles du groupe : « Plastic Passion », « Pillbox Tales » et « Do The Hansa », ainsi que le remix 12 pouces de « Boys Don’t Cry ». Un ensemble qui documente une période fondatrice et inventive, où The Cure affinait encore son identité sonore.

Cette réédition plus qu’un simple objet nostalgique, rappelle combien « Boys Don’t Cry » est une chanson vivante, capable de changer d’époque sans jamais perdre son cœur.

Refuser de pleurer, peut-être. Mais continuer de résonner, assurément.