Chroniques

Tears For Fears “The Tipping Point”

Qui ne le possède pas dans sa collection de disques idéals l’excellent premier opus de Tears For Fears “The Hurting“. Il semble difficile de se dire que celui-ci a presque 40 ans, et pourtant… Tout le monde connaît probablement leur long parcours depuis lors, parsemé d’une discographie sans fausses notes “Songs From The Big Chair” (1985) et “The Seeds Of Love” (1989), “Everybody Loves à Happy Ending” (2004), etc…

Vous avez sans doute entendu le single “The Tipping Point” lors de sa sortie en octobre. Alors, même si le monde de la musique est très différent de ce qu’il était lorsque Tears For Fears était à leur apogée, Curt Smith et Roland Orzabal, possèdent encore une renommée qui nourrit tous les espoirs à l’idée d’entendre un nouveau grand disque à ajouter à leurs discographie…

Voilà donc, cette année 2022 marquée par le retour du célèbre duo et nous amène dans un élan en avant fédérateur à écouter et pourquoi pas aimer Tears For Fears.

Force est de constater que les deux hommes fondateur d’un duo phare des années 80, malgré leur longue absence, n’ont pas perdu le sens de la mélodie.

Cet opus possède un côté grave interrogant les peurs de notre époque : Covid, le climat, la guerre mais aussi le décès de la femme de Roland Orzabal en 2017. Dans son ensemble, il offre, en plus du coté affectif, une forme de libération qui pourrait justifier à lui seul son intérêt, mais il existe heureusement bien plus de pertinence à leurs retours triomphants.
Il y a de légères évolutions par rapport à l’esthétisme musical originel avec un rythme médium qui favorise la mise en perspective de notre époque en prenant rapidement le dessus sur la nostalgie.

No Small Thing” est le résultat parfait de Roland Orzabal et Curt Smith écrivant ensemble sur une guitare acoustique pour la première fois depuis des décennies, mais encore une fois, c’est plutôt intéressant et même mémorable pour être souligné. “Break The Man” est une amélioration, avec un refrain qui pourrait, avec le temps, s’infiltrer, mais Tears For Fears avait l’habitude de faire ce genre de composition attachante qui nous séduisent sans effort.

Les lignes de basse et de clavier sur “Rivers Of Mercy” sont un meilleur pari, et quand la guitare perce, on peut entendre des échos bienvenus de “So free her” et “Woman In Chains“. Alors que les instrus de “Please Be Happy” ressortent au premier plan, une écoute répétée, éveille les sens pour soutenir une construction légère et structurée.

Les hauts et les bas de la réalisation de The Tipping Point et le partage des expériences de vie difficiles qui ont inspiré l’album ont approfondi leur amitié d’une nouvelle manière. Un album profond, savamment arrangé, agréablement et chaleureux, qui donne du réconfort et de l’espoir.