À une époque où l’indignation n’a plus rien d’un effet de posture mais ressemble de plus en plus à une nécessité civique, Sleaford Mods refont surface avec une énergie féroce. La colère, ici, n’est pas un gimmick : elle est un moteur. « The Demise Of Planet X », leur huitième album, capture ce moment précis où la rage devient à la fois lucide, structurante et étrangement vivifiante.
Avec « The Demise Of Planet X », Sleaford Mods reviennent au moment précis où la colère n’est plus un style mais une nécessité. Huitième album du duo, le disque affine leur formule sans jamais l’édulcorer : le son est plus ample, la production plus nette, mais l’attaque reste intacte. La rage demeure le carburant principal et elle pulse.
Au centre, Jason Williamson crache ses diatribes avec une verve toujours aussi acérée. Sa force réside dans sa manière de mêler critique politique, humour corrosif et références pop issues des années 80–90. Le morceau-titre agit comme un collage frénétique, joyeusement chaotique, qui démonte misogynie et inertie culturelle avec un plaisir évident.
L’album se distingue aussi par l’importance de ses collaborations, jamais décoratives. Elles apportent contraste, rythme et respiration à des morceaux qui explorent autant la fureur sociale que les contradictions internes de Williamson. L’ensemble sonne collectif, vivant, pleinement assumé.
Au final, « The Demise Of Planet X » apparaît comme la déclaration la plus aboutie de Sleaford Mods : plus précise, plus riche, et toujours mordante. Un disque qui brille par sa maîtrise tout en racontant un monde qui, lui, ne va clairement pas mieux.




