À la croisée de l’hyperpop, du nu-jazz, du funk et du R&B, Virginie B façonne une musique hybride et profondément habitée, où l’excès devient langage et la vulnérabilité, une force. Invitée à Rennes dans le cadre de l’opération De BARS en BARS lors des Bars en Trans, l’artiste québécoise est venue présenter Astral 2000, un deuxième album à la fois introspectif et sensoriel, traversé par des questionnements intimes sur la féminité, la psyché et notre rapport au monde contemporain. Sur scène, accompagnée de son complice Louis Jeay-Beaulieu, Virginie B transforme le live en espace de résonance collective, où le corps, le son et l’émotion se répondent sans filtre. Elle revient ici sur son processus créatif, la place centrale de la scène dans son univers, l’accueil du public français et ce que représente ce passage remarqué aux Bars en Trans dans le déploiement international de son projet.
Votre musique navigue entre hyperpop, nu-jazz, funk et R&B : comment avez-vous trouvé l’équilibre entre ces esthétiques très diverses ?
En essayant jamais de « faire comme » un genre en particulier, d’en respecter les codes, les sons, les textures, les effets ou le flow des paroles. Je pense qu’en gardant nos horizons ouverts et en aimant beaucoup de genres déjà à la base, on a oublié de suivre les règles de l’un où de l’autre. Après ça on se rend compte qu’il y a des racines communes dans chaque style, c’est comme bâtir une chimère.
Astral 2000 votre deuxième album explore des thèmes comme la psyché, la féminité, la technologie et la nature : ces sujets sont-ils pensés comme un fil narratif ou comme un terrain d’expérimentation ?
Les sujets, je les découvre au fil de la composition, selon ce qui m’habite, au moment de rentrer en studio, à cette période de ma vie. J’essaie de me projeter dans les textes et j’en apprends un peu plus à chaque fois sur ce que j’ai à dénouer, dans mon coeur, ma tête. Donc ils ne sont pas pensés d’avance.
La dimension conceptuelle et visuelle est très présente dans votre projet : quelle place occupe la scène dans l’expression globale de votre univers artistique ?
La scène c’est le moment où j’ai la chance de résonner avec le public. Sur scène, je vais me donner de tout mon corps, sauter, me verser dans l’extravagance que représente notre musique. Si je l’exagère et l’incarne, c’est pour que tu puisses t’y verser, et te sentir libre toi aussi d’être ce que t’as envie d’être à ce moment-là. Et en retour j’en donne plus. C’est symbiotique.
Accompagnée de Louis Jeay-Beaulieu sur scène, comment s’articule votre collaboration, entre création et performance live ?
C’est une collaboration assez singulière, au sens où il y a quelque chose de très romantique à partager la scène et de très vulnérable à partager la création. De faire les deux, c’est d’être à découvert. On a beaucoup d’admiration l’un pour l’autre, et on se « challenge » créativement et personnellement au quotidien. C’est mieux qu’un miroir à mon avis.
Comment ressentez-vous l’accueil du public français face à un projet aussi hybride et audacieux que le vôtre ?
Je ressens beaucoup de curiosité et d’enthousiasme. Je pense que le public français est assez familier avec l’audace, et l’accueil justement avec un œil peut-être plus critique et une oreille avertie, et amoureuse. C’est très romantique, et dans ce monde de conformité individuelle j’ai l’impression qu’on apprécie mon audace.
En quoi votre participation au festival BARS en BARS/BARS en TRANS marque-t-elle une étape importante dans le développement et la diffusion de votre projet à l’international ?
On m’a répété que La Place était un endroit mythique pour les premières performances d’artistes, aujourd’hui plus connus… J’y ai laissé ma marque de chaussure sur le bar, et une chaussette dans la « loge » si jamais elle a été retrouvée. Qui sait où ça nous mènera ? Mais on se revoit bientôt en France, ça c’est garanti. BBBBBisou à ce staff adorable.
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Crédit photo Andyjon



