Avec High Hopes, Burkingyouth signe un premier album à la fois intime et ambitieux, pensé comme un point de départ autant qu’une déclaration d’intentions. Entre pop mélodique et rock introspectif, l’artiste normand y déploie un univers sincère, façonné par le temps, les émotions et une profonde attention portée aux détails. Influences multiples, écriture en anglais, attachement à la Normandie, rapport à la scène : au fil de cet échange, Burkingyouth revient sur la genèse de ce disque fondateur et sur ce qui l’anime aujourd’hui, entre espoir, pudeur et désir de partage.
High Hopes est ton premier album, dans quel état d’esprit étais-tu au moment de l’écrire, et qu’espérais-tu transmettre avec ce disque ?
High Hopes est en effet mon premier album. J’ai tendance à croire qu’un premier album est toujours assez particulier dans la vie artistique d’un auteur/compositeur. Chez beaucoup d’artistes qui sont mes références, j’ai observé être souvent assez sensible à leurs premiers albums, car ils marquent pour moi les bases de leur univers dans la plus grande sincérité et la plus grande authenticité.
Dans mon cas, c’est un peu l’esprit dans lequel je me suis projeté dans sa réalisation : présenter un travail abouti qui puisse refléter et essayer de transmettre l’essence même des émotions et thématiques qui m’animent. J’ai pris le temps de faire un album sincère, qui me ressemble. Chaque chanson a été façonnée avec soin : chaque prise, chaque note, chaque choeur.
Tes morceaux naviguent entre pop lumineuse et rock plus introspectif. Quelles sont les influences qui ont le plus marqué la création de l’album ?
Au quotidien j’aime me nourrir de beaucoup de chose, écouter et découvrir l’univers des artistes de divers horizons musicaux : de la musique classique, du jazz, de la folk, du « bon vieux rock » et de la pop ou pop/rock…
Si je devais identifier les artistes qui sont mes principales références – et qui probablement influencent un peu mon processus de création, je dirais évidemment les Beatles, mais aussi Radiohead ou Coldplay dans ses premières années, puis des artistes tels Half Moon Run, James Bay, Nick Drake ou Patrick Watson. J’aime les chansons qui racontent des histoires par leurs paroles ou leur mélodie, qui vont droit au cœur, qui établissent une atmosphère particulière.
Tu chantes en anglais. Est-ce un choix instinctif, esthétique, ou lié à ta façon d’écrire et de raconter les émotions ?
A l’origine de Burkingyouth, le choix de l’anglais me permettait de répondre à deux critères complémentaires :
Le premier est esthétique/artistique, dans la mesure où je trouvais que dans cet univers que je souhaitais développer, la langue anglaise me semblait la plus appropriée, avec des sonorités plus ouvertes, une mélodicité bien spécifique.
Le second est peut être ce que je qualifierais de pudeur. Présenter des chansons, apportant toujours un soin particulier dans les textes et leur sens, mais – en France – se cacher un peu derrière des textes en anglais, que le public comprendrait peut être un peu moins directement. Et donc se dévoiler un peu, mais plus discrètement.
L’album semble très personnel. Y a-t-il un titre qui te ressemble particulièrement, ou qui a été plus difficile à composer que les autres ?
C’est en effet un album très personnel, qui parle de ce qui nous tient debout, de l’espoir, des liens et des traces qu’on laisse. Je pense que le titre qui représente cela le plus pourrait être Ink, qui parle de chaque rencontre… de chaque page blanche qu’elle représente et qui est à écrire . C’est une chanson très intime et assez intimiste,
Être un artiste pop-rock normand aujourd’hui, ça représente quoi pour toi ? Est-ce que ton environnement a influencé ta musique ?
Certainement. J’aime profondément cette région Normandie dans laquelle j’ai grandi, et à la diversité et la richesse de ces paysages, sa mer, sa campagne, ses collines, ses fleuves, rivières et ruisseaux… Etant assez sensible à la nature et au sauvage, cette nature m’inspire et colore l’univers musical que je développe, pour en refléter quelque chose d’assez organique, sensible et visant la sincérité. D’où l’usage choisi et assumé d’instruments organiques tels que la guitare, le piano ou les cordes ou instruments acoustiques.
Après High Hopes, comment imagines-tu la suite de l’aventure Burkingyouth : continuité, virage sonore, nouvelles explorations ?
High Hopes est pour moi un nouvel élan à ce projet Burkingyouth. Après 3 EPs, 8 ans d’existence, 3 ans de travail, la sortie de ce premier album est pour moi l’occasion de partager ce travail, de me produire sur scène, seul – acoustique intimiste – ou en groupe – plus structuré, d’aller à la rencontre du public et de partager cette musique et ces émotions qui m’animent.
Ensuite, j’ai toujours beaucoup de projets en tête, des chansons et idées pleins les cartons, des mélodies, ambiances et textures, et j’espère dans un avenir proche avoir la chance de partager également.
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Photo de couv. @paulineleclercq.portrait



