Ça groove grave, ça sature et ça explose de tous les bords. Je vous parle aujourd’hui de l’album live « Live at Third Man Records », des quatre gars de Brooklyn Geese qui viennent de nous balancer un uppercut analogique en pleine face. Brut de décaufrage avec juste la tension électrique d’un concert à guichets fermés, gravée en direct sur acétate dans la Blue Room de Nashville. On sent la pièce vibrer comme si nous y étions.
Enregistré le 11 juin 2025, quelques semaines avant la sortie de « Getting Killed », ce live capture l’ADN d’un groupe à l’instant précis où tout s’embrase. « Islands of Men » “Half Real », « Space Race », « Bow Down », « Au Pays du Cocaine » ou encore « Trinidad » développent une vraie intensité fiévreuse. Même « I Will Let You Down » abandonne toute retenue : la fragilité y est plus vive, plus bouleversante.
Depuis ses débuts new-yorkais, quand le groupe s’est fait remarquer par une poignée de concerts électriques et un premier album au chaos maîtrisé, Geese n’a cessé d’affiner son langage musical. D’abord porté par une fougue post-punk abrasive et un goût pour la dissonance, le quintet a progressivement élargi son spectre : structures plus ambitieuses, mélodies plus affirmées, sens du crescendo dramatique. Avec Getting Killed, cette mue s’est affirmée de façon plus dense, plus viscérale, sans perdre cette tension animale qui fait leur charme, sorte de tourbillon émotionnel irrésistible. Ce disque live agit comme un trait d’union : on y entend encore l’urgence adolescente, mais désormais canalisée par une maîtrise scénique impressionnante.
Le choix d’un enregistrement direct sur acétate prolonge parfaitement l’esthétique viscérale défendue par Third Man Records, le label fondé par Jack White, où l’imperfection fait partie du jeu. Plaisir infini de sentir et d’entendre le public vibrer crescendo titre après titre.
Le choix d’un enregistrement direct prolonge donc parfaitement l’esthétique trippante défendue par Third Man Records, le label fondé par Jack White, où l’imperfection fait partie du manifeste.
Pressé en vinyle noir (avec une édition noir et bleu réservée aux spectateurs de cette soirée déjà mythique), Live at Third Man Records est un instant de grâce absolue capturé à chaud, qui prouve bien que le rock, quand il est joué avec talent et sans artifices superfétatoires, peut encore brûler nos petits cœurs de rockeurs.
Commande ici : https://geese.lnk.to/thirdman





