« Nightclub », vertige d’une jeunesse en pleine lumière. Ce Polaroid musical, capturé sur pellicule Peel-Apart aux couleurs flashy, incarne ce que sont aujourd’hui les Dynamite Shakers, et surtout ce qu’ils s’apprêtent à devenir. C’est avec ce single nerveux et sensible, mais aussi avec une lucidité prometteuse, qu’ils dévoilent le point de bascule précis où le groupe quitte l’insouciance pour regarder le monde droit dans les yeux. L’avenir du rock français, c’est déjà sans doute eux.
Inspirée par une nuit dans un club parisien, Nightclub raconte le face-à-face entre des regards encore habités par la passion du rock et un décor saturé de poses, de clones stylisés et de cynisme urbain. Le morceau parle de séduction, de faux-semblants, de corps qui se frôlent et se testent. Écrit d’abord en anglais sur une terrasse, guitare acoustique à la main, il trouve finalement sa vérité en français. Un choix décisif : ici, les mots frappent plus juste, plus fort. La jeunesse parle à la jeunesse, les yeux dans les yeux, sans détour.
Musicalement, Nightclub est un tourbillon parfaitement maîtrisé. Des couplets tendus, chargés de nuances, et un refrain explosif, libérateur, porté par une saturation jubilatoire. La mélodie s’imprime durablement une mélodie tatouage, immédiate et obsédante. Un hit potentiel, sans concession, où l’électricité brute épouse un sens aigu de l’écriture.
Ce single est aussi la synthèse idéale du deuxième album à venir chez Barclay, produit par Lionel des Liminanas, enregistré à l’ICP de Bruxelles et mixé par Caesar Edmunds (Beach House, Wet Leg, Queens of the Stone Age, PJ Harvey…). Une équipe à la hauteur d’un groupe qui a cessé de jouer petit.
Dynamite Shakers, c’est une histoire de rencontres évidentes. Elouan (chant, guitare), Lila-Rose (chant, basse), François (batterie) et Calvin (guitare), 23 ans de moyenne d’âge, tous vendéens. Une bande nourrie au rock des origines, de Sun Records aux Stray Cats, des Stones aux Pixies. Une famille musicale qui se reconnaît instantanément, répète sur Eddie Cochran, écume les bars, puis les scènes.
La scène, justement, est leur ADN. Plus de 400 concerts au compteur, des campings de Vendée aux premières parties de Sum 41 et The Offspring à Paris La Défense Arena. Chez eux, le rock se joue debout, fort, encore et encore. L’originalité n’est pas un objectif : la sincérité, si. Puiser dans le passé pour écrire le présent, avec exaltation et générosité.
Sur ce nouveau cycle, Dynamite Shakers élargissent leur spectre : orgues, Farfisa, synthés, tempos parfois ralentis. Plus de relief, plus de tension, plus de profondeur. Le français et l’anglais cohabitent, et le groupe assume cette évolution..
Ils se souviennent des campings et des café-concerts, des débuts, des rêves lancés à la cantonade. Aujourd’hui, ils remplissent des salles de plus en plus grandes, annoncent une tournée 2026 et un concert à l’Alhambra. Ils savent que la route est encore longue et c’est précisément ce qui les excite.
Avec Nightclub, les Dynamite Shakers signent un titre qui claque comme l’hymne d’une jeunesse affamée d’essentiel.
Photos (c) Julien Guillet



