[Cinéma] « The Mandalorian & Grogu » de Jon Favreau. Le chasseur déprime.

A la première heure, le jour de sa sortie ! Certaines et certains sont des Trekkies, moi c’est Lucas forever dans mon cœur. Nous sommes une dizaine ( !) à nous diriger vers l’immense salle du « Max Linder » de Paris et j’ai un mauvais pressentiment.  Alors ? Qu’attendre de cette adaptation cinématographique de la série à succès de Disney + ? Le constat est sans appel. « The Mandalorian & Grogu » est totalement raté.

« Jon Favreau, où te caches-tu ? » avais-je envie de lancer à la cantonade à l’issue de la séance. Le style tout en rage contenue de l’extraordinaire « Iron Man » ? Tu l’oublies. L’humour tendre de « Chef » ? Tu l’oublies aussi. Rien ne fonctionne dans cette série B au budget confortable. Scénario pompé sur le long-métrage d’animation « The Clone Wars », rythme mollasson jusque dans ses combats répétitifs, incohérences narratives, hommages maladroits à destination des geeks quinquas (« Gremlins » et « Les Goonies »), effets spéciaux d’une laideur absolue ( le fils de Jabba profite de la même numérisation que celle de son daron en 1997), partition musicale décalée et un segment centré sur Grogu cucul la praline à souhait (en comparaison, « Dora l’exploratrice » et « Les Ewoks », c’est du Pasolini !). N’en jetez plus, la coupe est pleine !

Le réalisateur de « Cowboys et Envahisseurs » aurait dû raboter sévèrement son histoire et profiter de cette aventure au long cours pour exploiter d’avantage les facettes psychologiques de son mystérieux protagoniste. Mais non. Mr Favreau réalise, sans souffle ni envergure, un épisode sur grand écran et s’immerge dans les clichés les plus rances. Si j’avais eu 13 ans en 2026 sans rien connaitre de la famille Skywalker, j’aurais kiffé ma race. Mais en 2h20, bien las, je trépasse.  
Subsistent le charisme ravageur de Pedro Pascal, le bonheur de découvrir l’iconique Sigourney Weaver en tenue de pilote X-Wing, le bestiaire entrevu dans « Star Wars Rebels » en « live action », des clins d’yeux malins adressés à « Baby Cart » ou « Au nom de la Loi » et une introduction efficace.
Pour le reste, je vous laisse seul(e) juge.
À présent que « Star Wars : Starfighter », de Shaw Levy (« Deadpool & Wolverine », ce supplice) avec Ryan Gosling dans le rôle-titre, se profile à l’horizon…qu’attendre de Lucasfilm ?
L’excellence d’un « Rogue Nation » ? La réalisation fiévreuse d’un « Réveil de la Force » ? Un « home-made movie » à la « Solo » ? No, no, no. Seulement de nouvelles boites LEGO.

Prions pour un retour en grâce.

Car de la plus grande saga interplanétaire, je n’attends qu’une seule chose en tant que spectateur :
Une mandale ou rien.
 
John Book.