Après plusieurs années d’expérimentations parfois erratiques, Django Django délaisse le maximalisme électronique au profit d’une approche plus ambient et contemplative. Le sixième album d’un groupe habitué aux métamorphoses, « Doveland » est un opus cohérente et surtout plus réjouissante, réconfortant.
Après des sonorités art rock de ses débuts jusqu’aux incursions disco, house psychédélique et techno-rave de « Off Planet », le quatuor britannique n’a cessé de brouiller les pistes. À croire que Django Django a déjà vécu mille vies, mille expériences artistiques. Pourtant, derrière cette boulimie stylistique se dessine aujourd’hui une volonté de retrouver un équilibre, un essentiel.
Les premières esquisses de « Doveland » remontent au confinement, lorsque chaque membre travaillait de son côté, confiné. Entre les compositions dansantes de Dave Maclean et les démos acoustiques de Jim Dixon, les divergences créatives ont finalement conduit le groupe à faire une pause. Une partie de ces expérimentations allait nourrir « Off Planet » (2023), le reste allait trouver sa place aujourd’hui dans un album conceptuel inspiré par « Doveland », cette mystérieuse ville du Wisconsin supposément disparue dans les années 1990, dont certains internautes prétendent encore avoir foulé les rues.
Le pari aurait pu tourner à l’exercice de style. Pourtant, cette quête fantomatique offre à Django Django un terrain d’expression particulièrement fertile. Avec les titres comme « Meteorite » et « Quicksand » qui privilégient les guitares acoustiques, les percussions organiques et les arrangements épurés, laissant une belle place aux compositions habituellement enfouies sous d’innombrables strates sonores. Enregistré dans la campagne allemande avec Nick McCarthy (Franz Ferdinand), le disque gagne une profondeur et une clarté presque inédites. Ici, l’épure est une force, et la retenue, une nouvelle intensité qui leur va bien.
Loin de brider leur créativité, cette approche révèle d’autres facettes du groupe. La conclusion orchestrale de « Still Life » est du plus bel effet, tandis que « So Heavy » retrouve une assurance rock évoquant les Black Keys. Quant au poétique « Year Of The Snake », évoque un paysage hyper-cinématographique, entre collines mystérieuses et échappées belles, comme une traversée sans fin vers une ville insaisissable.
Alors que bon nombre de formations indie de leur génération ont disparu dans les limbes de l’histoire du rock, Django Django poursuit sa route avec une vraie élégance mélodique. Et en troquant l’exubérance pour une mélancolie automnale, le groupe signe un disque habité, ample et introspectif. « Doveland » ressemble à une halte dans leur perpétuelle quête de vertiges.




