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Black Keys “Delta Kream” élixir Hill Country

Les Black Keys sont toujours à la recherche de sonorité efficace, s’approchant du plus instinctif blues-rock vintage 70′. Les deux musiciens, Dan Auerbach et Patrick Carney, une guitare et une batterie, développent un son unique en s’imprégnant d’une vivacité frontale propre à la tradition du Hill Country blues avec des racines profondes made in Mississippi. Touchée en plein cœur par cette fabuleuse paire d’as, la maîtrise est au rendez-vous et l’élixir rock aux vertus magique jamais très loin…

Delta Kream” allie confortablement le son Hill Country avec l’ambiance sonore unique des Black Keys. Même si le duo semble s’éloigner de leurs styles habituels, notamment grâce aux musiciens Kenny Brown et Eric Deaton, les mélodies sont très représentatives et s’inspirent de R. L. Burnside ou encore Junior Kimbrough. Le résultat est un album qui parvient à obtenir une sonorité originale, et pour le moins authentique. Une partie de cette sensation provient sans doute aussi de l’aspect décontracté du live studio et a l’intimité qui s’en dégage (lorsque les musiciens discutent ensembles à la fin des chansons), se qui permettent aux pistes de se fondre doucement et ainsi maintenir la tension de bout en bout.

La palette sonore est langoureuse et les guitares sont elles aussi décontractées, pour sonner et résonner en explorant les dimensions physiques du studio Easy Eye à Nashville où l’album est né. Les Black Keys optent pour des sons très directs, transpirants par tous les pores cette âme musicale savoureuse et ancestrale propre au Hill Country. Tous les instruments, s’appuient sur des tons qui amplifient encore le craquement naturel des amplis saturés. Un détail sans doute mais qui provoque un vrai plaisir auditif…

Loin d’être un pastiche, “Black Keys” ajoute leur propre touche, leur sueur, et couleur, faisant résonner “Stay All Night” avec une luxure primitive jouissive. “Going Down South” a fière allure, tandis que “Sad Days, Lonely Nights” sans doute la marque d’un hommage à Junior Kimbrough qui frémit avec un instinct incomparable.

Walk With Me” à le goût de l’alcool distillé à 90°, tandis que “Come And Go With Me” possède des moments imbibés d’orgue qui semblent lier la tradition Hill Country à des aspects plus proches de la musique du Sud…

Et ça fonctionne, ça foisonne. ​​Le puissant est atmosphérique. “Delta Kream” a sans aucun doute son cœur au bon endroit, et il bat vite et fort. Prouvant que cette musique que “Black Keys” défend est encore bien vivante et vivifiante. A la manière d’un blues moderne, la base est solide et les éléments les plus addictifs contiennent une énergie brute telle qu’il nous rappelle les premiers enregistrements made in Fat Possum Records. “Delta Kream” est un élixir puissant a mettre sur toutes les platine.