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Black Country, New Road “For the first time” Toute, toute première fois.

Premier album pour Black Country, New Road “For The First time” heureusement ce qu’il y a à l’intérieur est bien plus inspiré et inspirant que son titre !
Black Country, New Road est composé de jeunes gens, Londoniens, audacieux, quatre garçons, trois filles, la vingtaine à peine, d’univers musical finalement relativement différent, mais pour qui l’envie de conjuguer leurs talents n’a pas de limite.

Je ne vais pas me lancer dans une analyse de texte mais cet album raconte, mais en gros il décrit un parcours parsemé de relation ratée. vois sans issue, entre fatalité et déprime où les souvenirs sombres surgissent et que les doutes sont chantés et que des regrets sont mis en lumière par des compositions d’apparence déstructurée. Tout ce que vous voyez devant vous ne laisse place qu’a des blessures béantes. Comme si pour la toute première fois le manque n’était que la résurgence de souffrance cumulée.
Un album enregistré avec Andy Savors (My Bloody Valentine) qui est composé de six morceaux de pur rock expérimental, où chaque pièce de ce puzzle en quatre dimensions sonne industrielle. Lumière aveuglante, âpreté captivante, profondeur étourdissante et finalement une œuvre terriblement addictive.

Ça commence par un titre d’ouverture “Instrumental“, qui ressemble de prime abord à une longue introduction, mais qui nous amène à la claque monumentale que va être la suite de cet album fabuleux.
Chaque seconde de silence est suite d’instruments qui chantent par eux-mêmes, modulant avec puissance l’incandescence psychédélique, aboutissant à plus de 5 minutes mémorables.

Avec “Athènes, France“, nous voilà dans le bain, ambiance rock alternatif, spoken word des mélodies sombres et irrésistibles, portées par la voix fragile et légèrement nasillarde d’ Isaac Wood lequel est secondé par des harmonies menaçantes splendides.
Like theme from failure performed for just you / Like the new road built out of Black Country ground / I have learned so little
Lorsque le refrain nous parvient pour la première fois, le doute n’est plus permis si tout continue sur cette formidable lancée, l’album finira facilement sur le podium de l’année, et peut-être même sur la plus haute marche. Toujours aussi sombre, avec quelques cris appuyant cette planante mélancolie, et des harmonies vocales encore monstrueuses, ce titre est un des points majeurs de l’album. Mais ce qui est beau, c’est que tout cela est bel et bien à l’avenant…

Fermez les yeux et affrontez vos plus grandes peurs. “Science Fair” flirte avec une habileté déconcertante avec les cordes raides du rock, du punk, de l’électro et balaye tout d’un coup de manchette pour offrir une dose supplémentaire de fureur, tandis que l’histoire continue, dans l’ambiguïté d’un miroir inversé.
Commençant tout en douceur, le titre débouche progressivement sur un anthem qui dresse les poils, le tout porté par des harmonies à vous faire pleurer.
I could make so many things / Catch on fire / But I was just covered in bubbles of methane gas / And you ended up burnt / I am sorry
Effrayant, troublant, prenez-vous donc ca dans la tronche. La folie est partout, vous ne croyez pas que la folie est nécessaire…

Cette merveille torpeur débouche sur “Sunglasses” qui en presque 10 minutes, fait figure d’OVNI, sur lequel Isaac Wood explose littéralement dans une indignation face au confort de la médiocrité ambiante et cette routine assassine qui ronge nos quotidiens. C’est ici l’expression de l’absurde du monde dans lequel nous vivons, de cette colère que toute une génération vit intérieurement.
Ce titre m’évoque inévitablement Sonic Youth et plus particulièrement “Sugar Kane” mais qui aurait rencontré en chemin The CureA Night Like This” et Black midiOf Schlagenheim” et qui se serait imprégné d’une sombre mélancolie viscérale. La production en est parfaite, permettant ainsi d’apprécier la puissance de chaque note, chaque nuance et harmonie. Le groupe parvient avec ce talent impressionnant à nous en mettre plein les mirettes une fois de plus.

Track X” apporte une touche de douceur à l’ensemble. On pense parfois à Mac DeMarco sur certains moments dissonants, presque folk. Le ciel a seulement commencé à s’éclaircir alors qu'”Opus” qui ferme l’album, nous replonge dans une construction progressive de tension et de délicieuse nostalgie dramatique, jusqu’à l’expulsion libératrice. Libération nécessaire. Démon intérieur exultes-toi, marque la résilience de fin d’un cycle tourmenté !
La relation humaine est une expérience qui nous enseigne l’authentique et peut-être parfois peut elle permettre une métamorphose et un redémarrage.

Si à présent, motivé par cette découverte marquante, vous voilà prêt à vous y frotter, soyez prudent, vous risquez de ne plus en décoller. Chef d’œuvre! Il faut savoir appeler un chat un chat, même s’il est noir et au milieu de la route.
Fort The First time” est manifestement la confirmation qu’une bande qui ce mélange peut aboutir à la concrétisation d’émotion même sombre et ainsi obtenir la puissance d’un rock encore inconnu au bataillon. Acclamons “Black Country, New Road” pour cette toute, toute première réussite….

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