[Cinéma] « The Irish Travellers » sont des gens comme les autres

Le réalisateur franco-irlandais livre avec « The Irish Travellers » un documentaire d’une étonnante humanité. Une plongée au plus près d’une fratrie de dix enfants au cours de laquelle la caméra fait office de treizième homme.

On entre sur la pointe des pieds. La caravane n’est pas si grande et la famille bien nombreuse. Bienvenue dans l’antre des O’Reilly, à la découverte d’une existence en prise directe avec la nature. Alexander Murphy a filmé durant six années le quotidien de ces héritiers d’un mode de vie qui n’existe plus. D’ailleurs, ces Travellers sont sédentarisés et vivent au bord d’une autoroute. Pas de grand road trip, non, ici les enfants prennent le bus, la caravane, 20 m², c’est pour vivre et c’est un peu petit pour toute la progéniture, les 10 enfants de Pa, le père et Lisa, la mère. Il n’y a que les allocations pour leur permettre de survenir aux besoins de tout le monde. 

Un documentaire empathique

Toute en empathie, la caméra d’Alexander Murphy a su se faire accepter au point de devenir une treizième personne. Sans jamais juger, elle se contente, sans non plus de voyeurisme outrageant, de filmer au plus près le quotidien de la grande maisonnée.

Particularité, ni le père, analphabète, ni la mère, ne travaillent, trop occupés à l’éducation catholique des enfants, mais tout n’est pas si facile et même lorsque l’on vit en autarcie, force est la loi. Pa O’Reilly va l’apprendre à ses dépens.

Un mode de vie d’un autre siècle

Alexander Murphy livre un long métrage d’une rare humanité, une histoire d’amour familial que rien ne semble pouvoir affecter. Pas même la précarité. Ce documentaire’ est aussi le reflet du drame social de quelque 30 000 Irish Travellers ostracisés mais fortement incités par le gouvernement à se sédentariser dans des maisons. Quitte à perdre leur liberté, et surtout leur mode de vie au plus près de la nature. Un choix refusé par Pa O’Reilly et les siens.

Présenté à la Semaine de la critique lors du festival de Cannes, ce documentaire, puisque rien n’est scénarisé si ce n’est la réalité, y a reçu la mention spéciale du jury de l’Œil d’or.