[Chronique] FAT DOG – Cancel Me (I’m Tired)

Fat Dog n’a visiblement toujours pas trouvé le bouton « pause ». Et tant mieux. « Cancel Me (I’m Tired) », second opus du quintet londonien, embrasse le chaos sur un terrain vague en pleine crise existentielle. Désinvolture déjantée. Saturation désenchantée. Un certain sens de la fête. Jusqu’à la fin du monde. Dix morceaux lancés à pleine vitesse, où l’électro-punk croise la rave, le rock’n’roll, la country spatiale, le psychédélisme et quelques fantômes disco venus hanter la fête.

Mais derrière la démesure, Fat Dog sait désormais écrire des chansons. Des mélodies surgissent du magma, des refrains s’accrochent au cerveau tandis que les synthés, les guitares et les cordes font joyeusement exploser les cloisons. Go Fuck Urself, Pray To That ou Peace Song donnent le ton : frontal, euphorique, absurde, parfois presque tendre avant de repartir dans le mur.

Joe Love et sa bande ont troqué le simple défouloir pour une machine beaucoup plus tentaculaire. Cancel Me (I’m Tired) avance comme une rave qui aurait perdu la sortie de secours : imprévisible, jubilatoire, furieusement mélodique. Fat Dog ne cherche pas à rentrer dans une case. Ils préfèrent les mâchouiller jusqu’à ce qu’elles deviennent méconnaissables.

Un disque qui ne demande pas la permission. Il prend la piste, renverse les platines et repart avec le dancefloor sous le bras.