La Palme d’or du dernier festival de Cannes séduit par une interprétation sans faille autour d’un sujet brûlant, l’éducation des enfants.
Déjà lauréat d’une Palme d’or pour son film « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » en 2007, le Roumain Cristian Mungiu double la mise cette année avec un film particulièrement bien senti autour du vivre ensemble. Ainsi, l’histoire raconte l’implantation d’une famille roumano-norvégienne aussi nombreuse que pieuse, limite évangéliste, au fond d’un fjord, au sein d’une communauté très soudée.
Il ne faudra finalement pas grand-chose, quelques ecchymoses sur un bras ou une épaule, pour faire basculer le film.
Car voilà la famille Gheorghiu sur la sellette, accusée de violences corporelles sur ses enfants et bientôt mise au ban de la micro-société aux règles bien établies.
Une descente aux enfers
Le spectateur suit sans ennui aucun la terrible descente aux enfers de Mihai et Lisbet, bientôt accusé de tous les maux à travers un double procès, au pénal et au civil, en quasi-sorcellerie.
Au bout de 2 h 26 minutes, on ressort rempli des incertitudes laissées par une fin en trompe-l’œil à propos d’un sujet déjà maintes fois abordé. Où est le bien, où est le mal ? Cristian Mungiu laisse chaque spectateur face à ses propres convictions, convictions sans doute quand même bousculées par cette œuvre obscure. Une certitude semble quand même surgir alors que chacun défend âprement ses convictions : la vérité n’est jamais simple.
Côté interprétation, on notera la superbe performance de la Norvégienne Renate Reinsve dans le rôle de la précieuse Lisbet et celle non moins aboutie de Sebastian Stan dans celui du père de famille.
Note : 8/10
Patrick Auffret



