29ème édition du Festival Mythos, du 3 au 12 avril 2026

Festival Mythos : 117 rendez-vous pour une édition 2026 foisonnante entre concerts, théâtre et belles créations en devenir

À Rennes, Mythos déploie une nouvelle fois sa grande carte sensible du spectacle vivant.
Pour cette nouvelle édition, le festival annonce 117 rendez-vous, dont 59 en entrée libre, et confirme plus que jamais ce qui fait sa singularité : une programmation où se croisent têtes d’affiche musicales, formes théâtrales audacieuses, créations hybrides, rendez-vous gratuits et parcours d’artistes. Pendant dix jours, du 3 au 12 avril 2026, le festival investira à nouveau ses lieux emblématiques, à commencer par le Cabaret Botanique, cœur battant du parc du Thabor, mais aussi la Scène Capéos, les espaces de théâtre, et les parcours d’Itinéraires d’artistes

Dans cette édition particulièrement dense, Mythos réussit une fois encore à faire cohabiter plusieurs festivals en un seul : grand rendez-vous populaire, terrain d’exploration artistique et laboratoire de création contemporaine. C’est sans doute là sa plus grande force : permettre au public de passer, dans une même soirée, d’un concert très attendu à une proposition fragile, d’un théâtre de récit à une fête rock, d’un format gratuit en plein air à une expérience plus intimiste.

Un Cabaret Botanique toujours plus éclectique

S’il y a un épicentre à Mythos, c’est bien le Cabaret Botanique, ce lieu à part où les soirées s’enchaînent comme autant de petits mondes. Pour cette édition, les dernières annonces viennent encore muscler une programmation déjà riche, avec des noms capables de déplacer des publics très différents.

On y retrouvera ainsi Didier Super, toujours aussi imprévisible, entre irrévérence, satire et art du décalage, mais aussi Les Wampas, dont la présence promet une fin de festival sous haute tension électrique. Dans un tout autre registre, Brieg Guerveno apportera une couleur plus introspective et singulière, quand Astéréotypie viendra rappeler combien Mythos sait aussi faire de la place aux projets les plus puissants artistiquement et politiquement. Enfin, Zélie s’inscrit parfaitement dans cette ligne maison : repérer, accompagner et mettre en lumière des artistes qui construisent déjà la scène de demain. 

Le Cabaret Botanique continue ainsi d’incarner ce que Mythos fait de mieux : mélanger les esthétiques sans jamais perdre le fil, faire se rencontrer les amateurs de chanson, de rock, d’électro, de pop aventureuse et de formes plus indisciplinées.

59 rendez-vous gratuits : un festival ouvert, vivant, poreux à la ville

Ce chiffre n’a rien d’anecdotique : avec 59 propositions en entrée libre, Mythos réaffirme sa volonté d’être un festival accessible, traversable, respirable. On pourra ainsi entrer dans Mythos par bien des portes : une scène découverte, un concert en plein air, une performance, un détour impromptu entre deux rendez-vous.

Dans cet esprit, la Scène Capéos s’annonce comme l’un des espaces les plus stimulants de cette édition. C’est souvent là que se joue une autre manière de vivre le festival : plus spontanée, plus curieuse, plus ouverte aux surprises. Elle offre au public des formats plus directs, plus proches, parfois plus rugueux aussi, qui participent pleinement de l’identité Mythos. On y retrouve cette idée simple mais précieuse : tout n’a pas besoin d’être monumental pour être marquant

Itinéraires d’artistes : le goût de la rencontre

Autre ADN du festival : ses Itinéraires d’artistes, qui permettent d’entrer plus profondément dans les univers invités. Ces rendez-vous-là sont essentiels, parce qu’ils déplacent le regard. Ils ne se contentent pas de programmer des artistes ; ils proposent des trajectoires, des correspondances, des manières de relier les œuvres entre elles.

C’est une façon très Mythos de faire festival : ne pas seulement accumuler des dates, mais construire des récits de programmation. Pour le public, cela signifie la possibilité de suivre un fil, de comprendre une démarche, de découvrir une voix ou une écriture autrement qu’en mode “consommation culturelle”. À l’heure des playlists et des scrolls, ce temps long-là a quelque chose de précieux.

Théâtre : récits intimes, formes gourmandes et pistes sensibles

Le théâtre, à Mythos, n’est jamais un simple “à-côté” de la musique. Il en est l’un des piliers. Et cette nouvelle édition le confirme avec une série de propositions qui devraient, une fois encore, jouer sur la diversité des écritures et des formats.

Parmi les rendez-vous à suivre, M’Aider, de la Cie Azadi, attire particulièrement l’attention. La compagnie est attendue sur une proposition où l’intime et le politique pourraient bien se répondre avec finesse, dans une ligne qui colle parfaitement à l’esprit du festival. La présence du spectacle au MeM confirme aussi la volonté de Mythos d’ouvrir ses formats et de faire circuler ses écritures dans différents espaces. 

Autre curiosité prometteuse : le théâtre gourmand d’Anthony Cointre, dont l’intitulé seul dit déjà quelque chose du goût de Mythos pour les formes sensibles, incarnées, où la scène peut aussi devenir table, partage, expérience concrète.

Enfin, À la trace, de Damien Noury, s’inscrit dans cette famille de spectacles que Mythos affectionne particulièrement : ceux qui avancent par pistes, par empreintes, par glissements, et qui laissent au spectateur la joie de recomposer lui-même une partie du chemin.

Notre sélection de rendez-vous à ne pas manquer

Léonie Pernet — vendredi 3 avril

S’il fallait choisir une artiste pour ouvrir le festival avec panache, Léonie Pernet ferait figure d’évidence. Son univers, à la fois organique, politique, électronique et habité, a cette capacité rare à tenir ensemble la transe et la pensée. Dans le paysage musical français, elle occupe une place à part : une artiste de densité, de textures, de visions. À Mythos, elle devrait offrir un set à la fois magnétique et profondément incarné. Sa présence est aussi un bon indicateur de la ligne du festival : des artistes exigeants, mais jamais hors-sol. 

Mansion’s Cellar samedi 4 avril

La détonation Rock s’empare de la Scène Capeos ! Des sessions fiévreuses dans les Loco’s Rock de Douarnenez jusqu’aux scènes rennaises, le quintet Mansion’s Cellar a tracé son chemin pour devenir l’une des formations les plus excitantes du moment. Leur recette ? Un cocktail explosif mêlant : Influences australo-californiennes (King Gizzard, Osees). Mariage instrumental inédit : Saxophone et Saz s’invitent dans la danse. Énergie psychédélique : Une fête géante et euphorisante. Malo, Louka, Axel, Lény et Thomas vous donnent rendez-vous pour une expérience résolument dansante. Venez vibrer au son de leur rock hybride !

Bertrand Belin — dimanche 5 avril

Il y a chez Bertrand Belin quelque chose de l’évidence tranquille. Une voix, une langue, une silhouette artistique immédiatement reconnaissables. Chez lui, tout semble simple alors que tout est subtilement construit : le rythme, la distance, l’humour, la gravité. Dans un festival comme Mythos, qui chérit les écritures fortes, sa présence a presque valeur de manifeste. C’est le genre d’artiste qu’on ne “consomme” pas : on l’écoute, on l’habite un moment.

Peter Doherty — mardi 7 avril

C’est l’un des noms les plus attendus de cette édition. Peter Doherty reste une figure à part, à la fois mythe rock et auteur fragile, capable d’aimanter une salle autant par son aura que par ses chansons. Sa venue au Cabaret Botanique donne à cette soirée une coloration immédiatement particulière : plus romanesque, plus nocturne, plus imprévisible aussi. Ce qui intéresse ici n’est pas seulement l’icône, mais ce qu’il reste de feu, de poésie et de vérité dans sa présence scénique. Et à Mythos, ce genre de rendez-vous peut devenir un vrai moment suspendu. 

Nick Wheeldon — mercredi 8 avril

Plus discret, mais certainement pas mineur, Nick Wheeldon fait partie de ces artistes qu’on adore découvrir dans un cadre de festival, surtout lorsqu’ils se glissent dans une proposition plus libre, plus latérale. Programmé en gratuit, il pourrait bien être l’un des beaux secrets de cette édition. Il y a dans ce type de concert tout ce que Mythos fait bien : donner leur chance aux échappées sensibles et offrir au public la possibilité de tomber amoureux d’un univers sans l’avoir prévu. 

Marlon Magnée / Sam Sauvage / Flora Fishbach — mercredi 8 avril

Voilà sans doute l’une des affiches les plus intrigantes de cette édition. Marlon Magnée, Sam Sauvage et Flora Fishbach réunis, c’est déjà une promesse d’atmosphères, de tempéraments et de singularités fortes. On imagine une soirée à la fois nerveuse, stylée, un peu déviante, très contemporaine dans ses contours. C’est le genre de plateau qui raconte quelque chose de la scène actuelle : des artistes qui ne se rangent pas facilement, qui cultivent leur étrangeté et leur intensité. Une soirée potentiellement très belle, et très Mythos dans son esprit.

DITTER — jeudi 9 avril

Avec DITTER, le festival continue de miser sur les formats plus libres, plus frontaux, plus immédiatement performatifs. Programmé en gratuit, ce rendez-vous pourrait bien être l’un de ceux qui mettent le feu autrement : pas forcément par le gigantisme, mais par l’énergie, la présence, la capacité à saisir un public sur le vif. Typiquement le genre de proposition qui rappelle qu’à Mythos, il faut aussi laisser de la place à l’inattendu

Charlie Winston — jeudi 9 avril

C’est la date “grand public” au bon sens du terme. Charlie Winston possède cette qualité devenue rare : parler à un public large sans jamais perdre son identité. Son retour dans le cadre de Mythos promet une soirée généreuse, élégante, avec ce mélange de folk-pop, d’énergie scénique et de proximité qui fonctionne particulièrement bien dans un cadre comme le Cabaret Botanique. Une proposition fédératrice, oui, mais pas formatée. Et c’est précisément ce qui la rend bienvenue dans cette programmation. 

Jay-Jay Johanson — vendredi 10 avril

Pour les amateurs d’élégance mélancolique, c’est une date à entourer en rouge. Jay-Jay Johanson, c’est une certaine idée de la classe musicale : une voix feutrée, une sophistication jamais froide, un goût des ambiances nocturnes et du spleen stylé. Sa présence à Mythos apporte une couleur singulière, presque cinématographique. Une respiration plus fine, plus enveloppante, dans une édition qui sait aussi ménager ses zones de clair-obscur. 

Alexis HK & Benoît Dorémus — vendredi 10 avril

Deux plumes, deux voix, deux façons d’habiter la chanson avec esprit et délicatesse. Alexis HK et Benoît Dorémus ont tout pour faire de ce rendez-vous un moment de complicité rare. Ce qui séduit ici, au-delà des chansons, c’est la promesse d’un espace de jeu, d’échange, de malice et de littérature vivante. Dans un festival qui place les mots au centre, leur présence a quelque chose de parfaitement naturel.

Nous étions une armée — samedi 11 avril

Côté théâtre, Nous étions une armée s’annonce comme l’un des rendez-vous à fort potentiel émotionnel et politique. Le titre seul ouvre déjà un imaginaire collectif, presque épique, mais on peut aussi y pressentir un récit de désillusion, de mémoire ou de fraternité mise à l’épreuve. Typiquement le genre de proposition que Mythos sait accueillir : des spectacles qui pensent sans asséner, qui touchent sans simplifier.

Louïse Papier / Yann Tiersen — samedi 11 avril

C’est l’une des grandes soirées de cette édition. Yann Tiersen reste un artiste à part, dont chaque apparition a valeur d’événement. Mais la force de cette date tient aussi à son assemblage : Louïse Papier en ouverture ou en dialogue de soirée apporte une autre texture, une autre manière d’entrer dans l’écoute. Entre l’intime, l’ampleur, les paysages sonores et les déplacements émotionnels, cette soirée a tout pour devenir un sommet de festival

Astéréotypie / Les Wampas / Brieg Guerveno — dimanche 12 avril

Pour clôturer, difficile d’imaginer affiche plus parlante de l’esprit Mythos. Astéréotypie, Les Wampas et Brieg Guerveno : trois univers très différents, trois manières d’habiter la scène, trois gestes artistiques qui ne se ressemblent pas  et pourtant tout cela tient ensemble. Parce que Mythos, au fond, n’a jamais cherché l’uniformité. Cette soirée de clôture dit exactement cela : du rock, de l’urgence, de la poésie, de l’âpreté, de l’élan. Une fin de festival à l’image de l’événement : libre, intense, imprévisible.  

Un festival qui refuse de choisir entre exigence et plaisir

Ce qui ressort de cette édition 2026, c’est la cohérence d’un festival qui continue de ne pas choisir entre accessibilité et ambition, entre fête et profondeur, entre grands noms et prises de risque. Mythos reste fidèle à ce qu’il est depuis ses débuts : un festival de récits, de voix, de présences et de frottements.

Avec ses 117 rendez-vous, ses 59 propositions gratuites, ses soirées au Cabaret Botanique, ses formes théâtrales, ses Itinéraires d’artistes, ses Travaux à suivre et sa capacité à faire coexister plusieurs générations et plusieurs esthétiques, l’édition 2026 s’annonce comme une nouvelle démonstration de vitalité. À Rennes, pendant dix jours, il y aura une fois encore mille manières d’entrer dans Mythos  et de ne plus avoir envie d’en sortir.

Plus d’infos : Festival Mythos

 

Aftermovie Festival Mythos 2025