Avec « Holding Time », Mô’ti tëi entrouvre une nouvelle porte et nous invite à marcher pieds nus dans un paysage intérieur fait de vibrations, de poussière et de battements de chœurs. Deuxième extrait de « Ant 1: The Scam of the Mystical Cicadas », dont la sortie est annoncée pour le 20 mars 2026, le morceau prolonge l’élan amorcé par « My Deaf Friend » tout en creusant une veine plus contemplative, mais toujours aussi expressive.
C’est une chanson qui respire le grand air comme un plan large de cinéma : une guitare acoustique, un banjo qui dessine l’ambiance, et cette impression que quelque chose se prépare à l’horizon. L’atmosphère est feutrée, folk-rock, traversée d’un souffle à fleur de peau, comme si la musique elle-même hésitait à avancer.
Au centre de ce clair-obscur, la voix de Mô’ti tëi s’élève, profonde et chaude. Elle porte une question à bout bras : « Who’ll make the first step ». Une phrase simple qui résonne comme un vertige. Deux corps se font face, suspendus dans le temps, incapables de se rejoindre, prisonniers d’une relation où réparer ne fait plus que briser davantage : « We don’t solve, we break even more. »
Dans « Holding Time », Antoine se livre sans détour. Il évoque les « sept mers » et les « sept vents » qu’il a traversés, signes d’une vie déjà marquée par l’épreuve, le doute et la rudesse du monde. A l’image de ce moment où le temps ne guérit plus rien, où le silence devient plus lourd que le bruit. Là, dans ce vide, quelque chose vacille, et peut-être renaîtra.
« Holding Time » capte, vacille, là où on sent l’absence, le manque et l’attente qui finiront par dessiner un chemin. Une chanson délicate et dense, comme deux âmes en orbite qui, sans se toucher, apprennent lentement à réapprendre à marcher seules.
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