Chroniques

Weyes Blood – “And in the Darkness, Hearts Aglow”

Natalie Laura Mering aka Weyes Blood, révèle au monde un cinquième album magnifique “And in the Darkness, Hearts Aglow” …

La jeune femme, au visage et à la voix d’ange incarne une certaine forme de romantisme contemporain qui depuis le début impose un style intrigant bien à elle, à mi-chemin entre térèbre captivante et luxuriance hypnotique.  “And in the Darkness, Hearts Aglow” de Weyes Blood, qu’elle avait annoncé comme la seconde partie d’une trilogie, faisant suite à “Titanic Rising” (2019), met en avant un soft rock mélodique aux sensations intrigantes qui nous plonge plus profondément dans l’atmosphère bouleversante d’une sortie des ténèbres, un chemin de croix sentimentale parsemé d’épines et de cicatrices encore sanguinolentes. 
La douleur que porte en elle Weyes Blood a quelque chose de beau et de profondément héroïque où les mélodies, parfois réconfortantes, laissent une grande place à la voix forte et douce de Laura, qui rappelle parfois celle de Chrysta Bell. La pop symphonique de ses chansons, révèles aussi une capacité d’écriture riche et singulière, demandant souvent un temps de recul et de maturité pour en dérouler leurs profondes mélancolies, luxuriantes, avec une vraie longueur en bouche, un arrière goût dramatique qui chamboule nos sens et puisque six des dix titres dépassent les cinq minutes vous avez largement le temps d’être bouleversé par les multiples ascenseurs émotionnelles proche du grand huit qu’elle nous offre. La capacité à nous émouvoir de Weyes Blood en devient imparable.

Si vous prenez réellement le temps de pleinement vous prélasser dans l’univers de Weyes Blood, vous remarquerez qu’elle y place beaucoup plus de subtilité sous la surface de flottaison, et nous plongeons alors avec elle dans un grand bain bouillonnant déchirant. Entre les lignes tremblantes, entre deux eaux troubles, c’est toute une panoplie de monde parallèle qui s’entre choc et voit Weyes Blood se perdre corps et âme dans un sentiment de fragilité, de perte de repaire, malaisant et de tension dramatique incantatoire. Cœur gonflé, gorge serrée, les larmes montent comme autant de décharge sismique dont le plasma rougissant résonne aux rythmes de “And in the Darkness, Hearts Aglow” …

 

Nous commençons à entrevoir les prémisses de la dernière partie de la trilogie, l’espoir, qui sortira début 2023. En attendant, la suite de cette introspection mélodique, savourons pleinement la sortie des ténèbres fascinante et magnifiquement chantée qu’on ne pouvait qu’entendre de la part de Weyes Blood. Vivement la troisième partie.