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PORTRAIT DE PHOTOGRAPHE : CAROLYN CARO

Beaucoup d’entre nous s’estiment heureux lorsqu’ils arrivent à prendre ne serait-ce qu’une photo presque nette de leur artiste préféré en concert. Mais de là à en faire un métier ou une vocation il y a un monde! Et oui personne ne s’improvise photographe de concert d’un simple claquement de doigts… Même si dans notre petit monde trop accroc de musique et par déformation de festivals, obtenir des centaines, voire des milliers de photos ne semble pas vraiment compliqué, iPhone et autre smartphone (made in china) à gogo qui illumine l’ensemble de la fosse à faire passer le ligtheu pour de simples allumeurs de bougies! Trêve de divagation et revenons à nos moutons. Justement notre amie photographe Carolyn CARO n’en est pas un (mouton) enfin une brebis, à suivre le troupeau aveuglement ! ô que non ! Elle se rapproche plus d’un électron libre ! Plutôt râleuse et portant pas Bretonne, parfois grande gueule mais toujours sincère, d’une extrême gentillesse, toujours drôle (l’humour est une défense) avec un regard qui donne tout son sens à l’expression WTF (je ne parle pas que de l’œil photographique)! Il suffit de regarder son portfolio pour en être gaga ! Elle sait capter le temps d’un battement de cils l’instant qui résume à lui seul 1h30 de live. Vous ne pourriez qu’en rêver…
De ses débuts pas toujours faciles dans cet univers, aux amitiés durables qu’elle a réussi à nouer, son parcours a été jalonné de curieux mélanges de rencontres et de voyages, à en perdre la boussole, de nuits blanches à en perdre la mémoire, d’afters à en faire grimper votre rythme cardiaque qui font qu’un désir d’enfance n’est pas forcément inaccessible…

Comment et à quel âge est venue la passion de la photographie ?
J’ai été passionnée de photographie dès l’âge de 6 ans.
Mais, c’est lors de ma seconde grossesse et après que plusieurs amis m’aient poussé, vers 36 ans, que j’ai voulu faire quelque chose de plus concret.
De base, je suis quelqu’un de plutôt réservée et l’image était, depuis longtemps, un excellent moyen d’exprimer mes émotions sans avoir à parler, un moyen de dépasser un peu cette timidité et de sortir de ma coquille.
Je suis autodidacte, j’ai appris sur le tas. Je n’ai pas suivi de formation particulière si ce n’est celle de la vie.
J’ai eu la chance de rencontrer des gens bienveillants (photographes, vidéastes, directeurs artistiques…) qui m’ont conseillé, qui m’ont appris à progresser, à évoluer, que ce soit sur la technique ou l’artistique.
Aujourd’hui encore, je continue d’apprendre.

Qui étaient tes références à l’époque (si tu en avais déjà) ?
Mes références à l’époque étaient Irving Penn, Henri Cartier-Bresson, Helmut Newton, Willy Ronis, André Breton, Bettina Rheims…et il y en a tellement d’autres.

Et avec quel “Matos” as-tu commencé ?
J’ai commencé avec le boîtier avec lequel je travaille encore aujourd’hui, le 5D MARKII.
Il a une valeur sentimentale, j’ai du mal à m’imaginer m’en séparer, même si parfois, un ami me prête son MARKIII.

Est-ce ton activité principale ?  
Depuis 3 ans, oui, c’était devenu mon activité principale.

Pourrais-tu me dire ta séance photos la plus insolite ?
Je n’ai pas souvenir d’une séance photo insolite.
Pour moi, elles sont toutes insolites 🙂

La séance photos la plus chaotique ? 
Ma séance photo la plus chaotique ?
Sans aucune hésitation : la première fois que je suis venue à Brest au Vauban lors de la release party d’un groupe que je ne citerai pas mais que j’adore.
Rien ne s’était passé comme convenu !
C’était une journée et une soirée plutôt étrange au point que je n’avais qu’une seule envie, celle de partir. C’était catastrophique !
Mais je devais attendre que La Maison Tellier vienne jouer 2 jours après au Vauban.
Quand je repense à tout ça, ça me fais sourire !

Ta plus grande fierté ?
Ma plus grande fierté, c’est d’avoir pu photographier Patti Smith.
Ce jour-là, c’était un rêve de gamine qui se réalisait.

Ton plus grand rêve serait de photographier qui ?
Incontestablement, mon plus grand rêve serait de pouvoir photographier Nick Cave.

Qu’est-ce qui te plaît dans cet Art ?
Ce qui me plaît dans cet art, c’est de pouvoir faire ressentir des émotions, de raconter une histoire, de pouvoir m’exprimer au travers d’une image, qu’elle soit en couleur ou en noir et blanc (ce que j’affectionne particulièrement). De faire traverser des moments dans le temps, de transmettre.
De capturer un instant, un visage, de peur de l’oublier.
Et puis, c’est tout la relation humaine, l’échange, le partage existant entre photographe et sujets.
La photographie, c’est un art tellement vaste, riche… et pour moi, plus que la technique, la photographie c’est une histoire de regard, de cœur et de sensibilité.

Qui sont les photographes contemporains dont tu apprécies le travail ?
Il y a tellement de photographes contemporains dont j’admire le travail, l’univers quel que soit le domaine ( street art, nus, musique, paysages, humanitaire…) qu’il est difficile de tous les citer.
Mais pour en citer quelques un(e)s, il y a Rod Maurice, Beranger Tillard, Pierre Wetzel, Sébastien Melia, Philippe Gassies, Odieux Bobby, Martin Colombet , Charlotte Abramow, Mathieu Le Gall et Thomas Valere Gosset (Toum’s), Christophe Crénel, Eric Canto, Charlotte Gainsbourg, Anne Marzeliere dont j’ai découvert son univers très récemment…

Suivre Carolyn Caro : https://www.facebook.com/caroline.cougoul