Mégadisq est un trio rennais où la guitare et le chant s’entrelacent dans un combo basse-batterie percutant. À cette ossature essentielle viennent s’ajouter les accents éthérés d’un lap steel, les textures enveloppantes d’un clavier ou les pulsations hypnotiques de boîtes à rythmes. Naviguant entre des influences aussi variées que Blur, St. Vincent et David Bowie, le groupe cultive une pop affranchie des étiquettes, libre et lumineuse. Une esthétique pleine de fantaisie qui incarne pleinement leur fraîcheur. Il vous suffit d’écouter les 4 titres de leur premier EP, « MiniDisq », dévoilé à l’été 2024. Rythmes nerveux aux couleurs fluorescentes, rock teinté de sonorités synthétiques rétro-futuristes, le tout avec une énergie communicative qui leur a valu, quelques mois après la sortie de l’EP, de fouler la scène du Liberté lors des Trans Musicales.
J’ai rencontré Hugo (guitare et chant) et Nikita (basse) pour explorer avec eux cet univers plein de singularité.
Vous êtes programmés aux Transmusicales. Qu’est-ce que ça vous fait ?
Hugo : C’est incroyable ! On a commencé il y a seulement un an, avec un premier concert dans un petit bar à Rennes, le Melody Maker. Passer de là à une scène comme celle du Liberté, c’est une grosse étape pour nous.
Nikita : Oui, c’est un vrai tournant. Ça donne envie de continuer, de sortir de nouveaux morceaux et de voir jusqu’où on peut aller.
Revenons sur la naissance du projet. Comment tout a commencé ?
Hugo : À l’origine, j’avais un projet solo qui s’appelait Hugo Hugo, avec une musique assez sombre et répétitive. J’ai eu envie de quelque chose de plus pop, et pour ça, il fallait jouer avec d’autres musiciens.
Nikita : Hugo et moi, on se connaît depuis dix ans, on avait déjà eu un groupe ensemble. Quand il m’a proposé de monter un nouveau projet, ça s’est fait naturellement.
Hugo : Pour la batterie, Marius nous a rapidement rejoints. En fait la première fois que je l’ai vu jouer, je me suis dit : « Si je monte un groupe, ce sera avec lui ! ».
Et qu’est-ce qui vous a guidé, sur cette esthétique qui mélange pop, rock et électro ? Comment définiriez-vous votre musique ?
Hugo : On nous a parlé de Retrowave, ça nous a fait sourire. Sinon, on reste sur du pop-rock avec des influences électroniques.
Nikita : Hugo est très influencé par David Bowie, qui a exploré différentes sonorités au fil de sa carrière. On retrouve un peu cette diversité dans nos morceaux.
Hugo : Oui, Bowie m’a beaucoup marqué. Il est passé par des phases pop, rock, électroniques… J’aime aussi le groupe Pond, dont le chanteur a une présence scénique incroyable. J’essaie d’apporter cette intensité dans ma manière de chanter.
Comment travaillez-vous vos morceaux ?
Hugo : En général, je commence seul avec une boîte à rythme basique, en testant différentes ambiances. Ensuite, je rajoute des éléments : basse, batterie, synthés… Je fais des maquettes que j’envoie à Nikita et Marius.
Nikita : À partir de là, on retravaille ensemble. Il y a un vrai mélange entre sons électroniques et acoustiques.
Hugo : Oui, par exemple, la basse est traitée de deux manières : une partie guitare et une partie basse, avec des amplis et effets différents. On aime aussi intégrer des sons synthétiques variés, du Mellotron, du Juno, et même des petits bruits cheap façon rétro gaming.
Comment adaptez-vous cette richesse sonore sur scène ?
Hugo : On simplifie forcément certaines choses, vu qu’on est trois. On va à l’essentiel du morceau pour lui donner plus d’énergie et de sincérité.
Nikita : On aime le format trio. Ça nous laisse beaucoup d’espace, sur scène comme dans le son. Chacun trouve naturellement sa place.
Hugo : Exactement. En studio, je pense déjà au mixage pour que chaque son ait une identité forte. Ensuite, on traduit ça en live, en gardant ce qui est essentiel à l’ambiance du morceau.
Nikita : Et même avec nos instruments, on joue sur plusieurs registres. Ma basse peut sonner comme une guitare à certains moments, et comme une vraie basse à d’autres.
Avez-vous un lieu où vous rêveriez de jouer ?
Hugo : Honnêtement, peu importe où, tant qu’on joue et qu’on garde cette énergie.
Nikita : J’adore les festivals, pour l’effervescence et les rencontres avec d’autres artistes.
Hugo : Oui, mais on aime aussi les concerts plus intimistes. Chaque contexte a son charme, l’important c’est d’être sincère dans ce qu’on fait.
Photo de couv. Adele- studio Papier Chiffon