Chroniques

IDLES “Ultra Mono” Extra ball

Après avoir sillonné les routes internationales, IDLES est rapidement devenu le groupe britannique plus en vogue de la scène underground. La suite d’un premier album, Joy As An Act Of Resistance (2018) s’est sentie comme un véritable moment décisif non seulement pour le groupe, mais pour la musique rock moderne dans son ensemble. C’était l’album que nous attendions. une collection époustouflante d’hymnes punk sur lesquels ils se sont ralliés pour la compassion, la solidarité et l’amour de soi, de la guerre des classes et de l’immigration lui ont donné un caractère distinct. Arrive maintenant le troisième album Ultra Mono, IDLES doit faire preuve d’inventivité à nouveau inutile de dire qu’en plein marasme culturel (covid19) forcement pas simple.

Pour autant, l’inspiration est au rendez-vous, et le chant est toujours aussi brutalement splendide, bien épaulé qu’il est par des rythmiques plus que jamais ultra speed, mais aussi quelques accalmis bien sentis même s’il faudra l’admettre elles sont plutôt rares dans l’ensemble. Le summum du versant punk de IDLES étant atteint sur “War” mais surtout sur “Grounds” qui ouvre respectivement les hostilités.

Le quintet punk originaire de Bristol évoque dans une certaine démesure le dépouillement d’une vie en déliquescence constante, comme “Mr Motivation” ou encore sur “Model Village”. Permettant au passage de rappeler que le sens profond d’une chanson de prime abord dérisoire, peut finalement s’allier sans difficulté. Et surtout sans trahir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Ainsi pourquoi ne pas souligner une certaine reconnaissance du rock d’hier (Fugazi, Minor Threat, Deftones, The National…) sans pour autant chercher a piocher dans une discographie des années 80/90’s ultra banale.

Notons la petite pépite “Ne Touche Pas Moi” ou la sublime voix de Jehnny Beth vient s’inviter pour la touche de fémininité qui balance (ton porc) sur harcèlement sexuel et par extension sexiste.
Au-delà du rouleau compresseur sonore que l’on peut entendre, leur musique met toujours un point d’honneur à secouer les mentalités par leur engagement.

L’ensemble de l’album même si il ne surprend par dans l’absolu, réussit néant moins à brosser un tableau ultra vivant, sous forme de satire sociopolitique a la dérive, qui façonnent une grande partie de notre mode moderne.

Le troisième album du groupe permettra peut-être de confirmer au yeux du monde qu’il sont bien ancré dans leur époque, sans pour autant devenir des caricatures d’eux-mêmes.

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