Le 10 février, j’étais à Bercy, comme disent encore les nostalgiques, pour une séance de rattrapage où les Feu! Chatterton jouaient à domicile, la première date annoncée du 11 ayant été sold out, ils avaient rouvert les vannes pour une seconde date. Et à ce qu’il se dit, une 3ème date serait programmée en février 2027.
Les Feu! Chatterton ont changé de dimension, après déjà 15 ans à écumer nombre de salles et de festivals qui n’ont fait que grandir. Pour le coup, c’était 30 000 personnes pour ces deux soirées parisiennes et ils en étaient manifestement très émus ! Au vu du public présent, il est clair qu’ils touchent un panel générationnel très large.
Feu! Chatterton, c’est Arthur Teboul au chant, Clément Doumic et Sébastien Wolf aux guitares et claviers, ces trois-là se sont rencontrés au lycée, Antoine Wilson à la basse et Raphaël de Pressigny à la batterie.
Leur univers très singulier mixe de l’électro pop, du rock et de la chanson française, dans le bon sens du terme, avec des textes métaphoriques qui pourraient se finir à eux-mêmes, de la pure poésie.
Quatre albums studios à leur actif, auxquels s’ajoutent deux live, des EP et des BO de films. Le dernier opus Labyrinthe, sorti en septembre 2025, rencontre à son tour un excellent accueil de la critique et du public.
Revenons à Bercy. Côté décor, de gros cubes mobiles en suspension, taillés pour les grands espaces qui s’offrent désormais à eux, et une scène avec une partie surélevée et un escalier central. Les guitares et les claviers sont en bas et la rythmique à l’étage et, au milieu de tout ça, Arthur Teboul, tiré à quatre épingles avec son look vintage années 50, en maître de cérémonie, qui trimballe son incroyable charisme et son talent si singulier aux quatre coins de la scène.
Ils nous ont livré un set de 2h15 qui a démarré, pour accompagner l’arrivée des musiciens, par la longue ouverture instrumentale de Sous la pyramide qui clôture le dernier album. Une set list de 17 titres qui fait la part belle à Labyrinthe avec 8 titres, 4 incontournables de Palais d’argile, le 3ème album sorti en 2021, et 3 d’Ici le Jour (a tout enseveli), le 1er de 2015, plus A l’aube de l’EP éponyme de 2014 et L’affiche rouge de Léo Ferré, en 1er rappel, en hommage à Missak Manouchian. Curieusement, aucun morceau de L’Oiseleur, leur 2ème album.
Il en ressort de l’énergie à profusion, festive à souhait, pour ambiancer une salle tout acquise à leur cause, en mode gros son électro et stroboscopes en ébullition. L’émotion n’était pas oubliée non plus, avec L’affiche rouge et Mille vagues pour honorer leur manager, Jean-Philippe Allard, décédé en mai 2024, moment où ils se sont regroupés assis au centre de la scène, avec, en guest, le saxophoniste Oan Kim.
Pour ouvrir un 2ème rappel, ils nous ont souhaité « une bonne nuit » en traversant la foule en entonnant Compagnons en mode électro acoustique, pour, ensuite, remonter sur scène pour fermer le ban avec Le Labyrinthe.
Pour sûr, ils en ont trouvé la sortie et Le Feu ! Chatterton n’est pas près de s’éteindre…
Pascal Cossé





































