[Clip] The Lanskies – « Strawberry Lane »

Avec « Strawberry Lane », The Lanskies poursuivent le récit entamé avec « Sexy Teacher » et dévoilent le deuxième épisode de leur triptyque vidéo. Là où le premier chapitre brûlait d’énergie rock et de désir adolescent, ce nouvel extrait plonge dans une atmosphère plus intérieure, sombre et crépusculaire.

« Strawberry Lane » installe un climat bien rock qui commence sur un piano mélancolique guidant vers une progression nerveuse aux accents punk limite post-punk. L’ombre de The Clash, Gang of Four, plane sur le titre, mais The Lanskies y injectent aussi cette fameuse sensibilité britpop qui fait leur marque de fabrique. Ce mélange donne naissance à un morceau indie sombre et punchy.

Le texte s’attaque à un territoire rarement exploré dans le rock : la crise de la quarantaine, l’héritage paternel, les doutes qui traversent les générations. Au cœur du morceau, le refrain, “Break the Silence”, agit comme une décharge émotionnelle. La voix de Lewis Evans porte cette tension avec une intensité remarquable, oscillant entre retenue et explosion.

Le clip signé, une nouvelle fois, par Jonathan Perrut, vient mettre le bazar dans cette dramaturgie. « Strawberry Lane » reprend exactement là où s’arrêtait Sexy Teacher. Une porte s’ouvre sur un vieux pub en bois, chaleureux et animé, à la lumière tamisée. On y découvre une galerie improbable de sosies, de Robert Smith à Bowie en passant par Paul Stanley, chanteur de Kiss, comme si les fantômes de la culture rock s’étaient donné rendez-vous au même endroit.

Mais ce lieu qui ressemble d’abord à un refuge se transforme progressivement en théâtre d’un étrange rite collectif : entre happening, transe et flash mob loufoque. Le clip alterne des moments de tendresse et des déchirements énergiques, synchronisés avec la rythmique du morceau. Jusqu’à un final apocalyptique qui passe en mode SF/gore façon Stranger Things. Prêt pour le troisième acte !

Avec Strawberry Lane, The Lanskies montrent une autre facette de leur univers : plus introspective, plus narrative, plus loufoque aussi, mais toujours aussi intense. Ce deuxième chapitre confirme l’ambition du triptyque et installe une véritable narration entre musique et image.

Et pour conclure cette chronique sur une note personnelle : joyeux anniversaire à Lewis Evans (bientôt l’âge de maturité ou pas 🙂 ).  Un frontman solaire qui trouve, une fois de plus, le moyen de nous surprendre. Et oui, le rock peut encore raconter des histoires brûlantes et nous faire danser jusqu’au bout de la nuit.

 

Photo de couv. The LANSKIES (DR)