Avec « Mécanique Antipathique », CRACHE enfonce la porte de 2026, sourire carnassier aux lèvres, et délire bien débridé. Premier éclat d’un album « Plein Soleil », (chez Howlin’ Banana) attendu pour mars, le single agit comme une pièce grinçante lancée dans les rouages d’un royaume décadent. Dès les premières secondes, la machine s’emballe : synthétiseurs sifflotants comme des oiseaux mécaniques, batterie froide et tranchante, basse tendue à rompre. CRACHE avance désormais en français, frontalement, sans fard et cette langue, longtemps en retrait, devient ici une arme parfaitement affûtée.
La chanson se déploie comme une fable satirique sous acide. On y croise un roi bedonnant, grotesque et ivre de lui-même, dansant au sommet de son château pendant que la mélodie tourne en boucle, hypnotique, presque moqueuse. Puis vient l’explosion : un refrain mur de son, saturé jusqu’à l’os, d’où jaillit ce cri-manifeste « Mécanique Antipathique se délecte même en public ». CRACHE joue sur la tension entre mélancolie et brutalité, entre comptine synthétique et déflagration noise, rappelant que sous le vernis pop se cache toujours une rage politique, une ironie mordante, une envie de tout renverser.
Le clip, fidèle à l’ADN DIY du groupe, prolonge cette esthétique artisanale et anarchique. Masques en papier mâché, gestes bruts, imagerie presque enfantine mais profondément dérangeante : CRACHE façonne son univers à la main, loin des palais lisses et des productions aseptisées. « Mécanique Antipathique » n’est pas seulement un nouveau single, c’est un manifeste déguisé, une danse macabre sous le soleil de Marseille, annonçant un album qui s’annonce aussi sensible que frénétique. CRACHE avance, grince, dérange et prouve que le vacarme peut encore être profondément poétique.



