Dans les années 50 à New York, l’incroyablement énervant Marty Mauser cherche envers et contre tout à devenir le numéro 1 du ping-pong mondial. Le truc, c’est que le ping-pong ne passionne pas les foules, surtout aux États-Unis, et que notre Marty est un porte-poisse professionnel !
Mon avis : (qui vaut ce qu’il vaut) Je dois admettre que j’y suis allée à reculons, portée par mon ado de fils, fan de Tyler the Creator, qui rêvait de voir son rappeur en comédien. Grand bien lui en a fait car si le premier quart d’heure m’a fait grincer des dents, tant Marty est une plaie suprême pour ses amis et relations en tout genre, cela devient beaucoup plus intéressant dès que les personnages secondaires s’en mêlent.
Impossible de ne pas le rapprocher des antihéros de Jim Thompson (dont je vous recommande chaudement la lecture), les exactions de ce joueur de ping-pong sont horribles et empirent au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue et que l’on finit par le prendre en affection. Pour ceux qui ont déjà lu Pottsville, 1280 et autres joyeusetés de l’ami Thompson, reconnaîtront là ces histoires dark étasuniennes des années 50 où le héros, ou plutôt le protagoniste, fait du tort à son entourage et le fait en toute connaissance de cause afin de servir la seule cause qui vaille la peine, la sienne !
Les pauvres hères qui ont le malheur de croiser son chemin sont portés par une foule d’acteur·trices incroyables qui font toute la différence et empêchent Chamelet de transformer le film en 2 h d’ego trip de mauvais goût. Fran Drescher, que les gens de mon âge reconnaîtront pour être Une nounou d’enfer, est méconnaissable, Gwyneth Paltrow joue à merveille un rôle qui pourrait être vexant tant il colle à la réalité hollywoodienne et Odessa A’zion est définitivement la révélation de ce film.
Très librement adapté des mémoires de Reisman, dont le titre est visiblement aussi long que l’estime qu’il a de lui-même, The money payer : Confessions of America’s Greatest Table Tennis Champion and Hustler, l’histoire est rocambolesque mais c’est la réalisation qui fait tout. Une énergie incroyable dans les mouvements de caméra, des couleurs automnales magnifiques, une musique anachronique mais très stylée, il n’aurait plus manqué qu’un titre de Tyler, the Creator au menu pour me combler de joie.
Si on tient le nouveau record de l’excellente production A24, j’ai hâte de voir ce qu’ils nous réservent pour la suite !
Réalisé par Josh Safdie, co écrit par Ronald Bronstein, genre comédie dramatique
Avec Timothée Chamalet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion, Kevin O’Leary, Tyler Okonma, Abel Ferrara et Fran Drescher




