aiguisé, Existe-t-il des armes qui, au lieu de faire mal, se contentent de faire vibrer le cœur et l’imagination ? Oui, la poésie est de celles-là. Sans avoir besoin de théoriser, elle incite au partage, à faire sens ensemble. Toujours accompagné de cette fabuleuse arme poétique du quotidien et d’un regard politique aiguisé, Simon Chouf signe un cinquième album, « À l’Attaque », plein de mots doux et nerveux à la profondeur douce-amère.
Il y déploie une écriture encore plus sincère et mordante, portée par une musique en mouvement constant, plus harmonieuse et plus électrique. Entouré de Maïlys Maronne aux claviers et de Simon Portefaix à la batterie, Simon Chouf ouvre ici un nouveau chapitre sonore, sans rien perdre de son identité artistique.
Enregistré en partie dans son studio du Sous-Marin Bleu à Rabastens, le disque avance comme une traversée sensible de notre époque. Urgence climatique, surveillance généralisée, fatigue du monde, mais aussi désir d’échappée, besoin d’amour et droit à l’émerveillement. À l’Attaque tient tout cela ensemble, dans le creux des mains, dans le creux des mots, dans les bosses de notre monde, simplement sans posture. « Drones d’oiseaux« , « Les larmes de la mer » ou encore « T’es qui toi ? » sont autant de chansons qui frappent juste, avec cette manière de mêler la beauté et la douleur, la douceur et la colère dans un écrin de sensibilité accrue.
Nourri de belles complicités de Madjid Fahem à JUR, en passant par Guillaume Gardey De Soos l’album déploie un univers riche, vibrant, traversé d’images fortes et de secousses discrètes. Un disque qui regarde son époque en face, sans renoncer à la lumière.




