Vous le savez avec And Also The Trees chaque nouveau disque ressemble à l’ouverture d’un paysage familier et pourtant toujours changeant. Depuis plus de quarante ans, le groupe britannique cultive une esthétique immédiatement identifiable faite de romantisme sombre, d’une musique poétique et d’une élégance toujours plus charismatique. The Devil’s Door s’inscrit dans cette continuité avec une intensité forte, pour donner vie à un album habité par des ombres nostalgiques et des errances intérieures.
Depuis 1979, And Also The Trees sculpte une musique de terre et de brume, une œuvre qui puise sa sève dans le Worcestershire pour s’épanouir sur les scènes du monde. Portés par l’intuition des frères Jones et adoubés dès l’origine par Robert Smith et Lol Tolhurst, ils incarnent aujourd’hui une élégance particulière : celle de la persévérance et du mystère.
Le 27 février, le groupe a donné vie à The Devil’s Door, point d’orgue d’une trilogie entamée avec « The Bone Carver » et poursuivie par « Mother-of-Pearl Moon ». Ce disque est une épiphanie sonore. La guitare de Justin Jones y tisse des broderies « mandolinées » d’une finesse d’orfèvre, tandis que la clarinette et le piano de Colin Ozanne apportent une profondeur boisée aux compositions.
Au centre de ce théâtre d’ombres, la voix de Simon Huw Jones s’élève avec une autorité tranquille. Grave, narrative, elle transforme chaque morceau en une peinture de maître. Ses onze visions marient le folklore millénaire aux soubresauts de notre époque, créant un espace de collision entre le raffinement de John Barry et la tension fiévreuse de Béla Bartók.
La magie de cet album réside dans sa genèse, pourtant dispersée entre Genève et Londres. C’est dans les collines de Malvern, sous les ors d’un automne flamboyant, que Simon a retrouvé ses racines pour graver ses derniers chants. Ce retour au sol natal infuse le disque d’une ferveur presque mystique.
« La chanson « Return of the reapers » est née d’un éclair, d’un titre de tableau entrevu dans une galerie londonienne. Les mots ont jailli comme une offrande, une réponse charnelle à l’image. » explique Simon Huw Jones
Cette même force guide la pochette de l’album une photographie prise par Simon en Suède choisie pour sa seule capacité à faire vibrer l’âme. Tout ici est affaire de sensation, de correspondance secrète entre la note et l’émotion.
« I’ll wait for you at the devil’s door » (Je t’attendrai à la porte du diable). Cette promesse, nichée au cœur du titre The Silver Key, définit l’âme du groupe : une frontière où le romantisme le plus pur embrasse la part d’ombre du monde.
Avec The Devil’s Door, And Also The Trees signe une œuvre de précision picturale, un voyage où la lumière du soir magnifie chaque blessure. C’est une invitation à passer de l’autre côté du miroir, dans cet univers qu’ils bâtissent avec une patience souveraine depuis plus de quarante ans.
En parallèle de l’activité du groupe, Simon Huw Jones avait prêté sa voix à la violoniste et compositrice belge Catherine Graindorge sur l’album Songs for the Dead paru en 2024. Sa voix y apparaît notamment sur les titres Eurydice, Orpheus Head, This Is a Dream et Time Is Broken, preuve supplémentaire de l’aura charismatique de Simon dans des univers musicaux proches du cinéma et de la musique atmosphérique.
Catherine Graindorge partage l’affiche sur plusieurs dates de cette tournée 2026
En juillet prochain, AATT seront les invités spéciaux de The Cure au festival de Nîmes.

Photos de couv. DR




