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BINIC MACHINE la punch class de JUSTIN DUTILH

Vous connaissez forcément le Binic Folk Blues Festival qui nous manque tant. Comme beaucoup un lien presque affectif a su s’instaurer entre cet évènement et nos petits bouts de vies enchantées, l’espace d’un weekend les pieds dans le sable, bière à la main, et les oreilles remplient de good vibe sonore. Certain plus que d’autres savent nourrir leurs souvenirs de créatures chimériques pour finalement en faire quelque chose de tangible. Justin Dutilh, artiste prolifique aux arts tentaculaires, en est un représentant digne d’intérêt, puisqu’il a initié pendant cette période de silence, la réalisation d’un livre pas vraiment comme les autres, qui saura vous remettre les idées en place, et la tête a l’envers. Du 100% Binic en sommes… Entretien avec Justin autour de la création de son ouvrage déroutant et passionnant “BINIC MACHINE”. Il me livre tout de go les secrets de cette étrange aventure graphique…

 

Ton livre est ancré dans l’édition 2019 du Binic Folk and Blues Festival. Pourquoi avoir utilisé le cadre là pour ton livre ?

Le Binic Folk and Blues Festival c’est pour moi un des meilleurs évènements musical et festif qui existe. Le festival en lui-même y est pour beaucoup ! Il a une programmation pointue de rock alternatif très ancré dans ses racines blues avec des groupes souvent subversifs. J’affectionne beaucoup cet univers musical. Il y a évidemment son cadre, le village de Binic. Le festival se situe en bord de mer, dans un petit port. C’est super agréable, c’est clair.
Mais des festivals avec de la bonne musique et un endroit chouette, il y en a plein ! Pour moi la grosse différence est dans la forme du festival. La gratuité. C’est certain, ça fait du bien au porte monnaie, même si chacun se rattrape bien sur les dépenses aux bars et autres. Mais surtout, la gratuité permet une sensation de liberté folle ! On peut aller et venir comme bon nous semble. On est pas mis dans un enclos dans lequel il faut absolument profiter au maximum pendant la durée du festival pour justifier nos tickets. Le Binic Folk and Blues Festival nous donne en fait la permission non pas de rater des concerts mais de moins s’en soucier et de se laisser plus porter par l’évènement dans son ensemble. C’est beau. Ce qui fait qu’on peut profiter d’autres moments tout aussi importants (fêtes improvisées par ci par là, siestes à la plage, petit resto, apéros, balades…). En plus de ça, tous les commerces du coin sont impliqués puisque tout se déroule devant eux et ça c’est cool. Ça donne vraiment la sensation de profiter d’une fête de village mais avec des concerts fous. Binic Machine c’est aussi un hommage à tout ça !
 

Pour en faire le lieu central de ton livre je suppose que tu en es un afficionados. Comment est né ce projet et que représente exactement pour toi le Festival 

Ouais je suis fan complet c’est clair ! Pour ce projet, ça faisait quelque temps que je voulais raconter l’expérience d’un festivalier d’une façon un peu brute. J’avais commencé à travailler sur un format film et pas spécialement au Binic Folk and Blues Festival d’ailleurs. J’avais aussi l’intention de faire un objet moins scénarisé avec une forme beaucoup plus documentaire. Puis quelque semaines avant l’édition 2019 du festival, j’ai commencé à me dire que ce serait une bonne occasion pour le faire. J’ai donc écrit une histoire alimentée par tous les souvenirs, légendes et histoires drôles et mémorables vécues (ou entendues) lors de mes passages aux éditions précédentes. Toutes ces histoires ont été compilées autour d’une intrigue centrale inspirée par un fait avéré certes mais aussi par l’existence d’un commerce local. C’est la présence de ce forain (Franck) en plein milieu du festival qui a rendu le projet possible. Le festival s’est présenté comme le décor parfait pour une histoire du genre. Donc merci au festival, à Franck et au village de Binic d’exister sous cette forme là finalement !

Ce livre tranche pas mal dans le vif si je ne m’abuse. Pourquoi une telle envie d’aller sur une approche différente, décalée ?

Oui c’est assez brut comme objet et comme histoire aussi. Cette approche reflète qui nous sommes en fait. L’aspect graphique et le rendu sont bien entendu propre à qui je suis et ce que je fais en tant qu’auteur. Le format analogique correspond aussi à un univers que j’affectionne beaucoup dans son concept et son esthétique. Puis il y a le sujet ou plutôt les sujets. Ce qu’ils font et ce qu’ils ont fait sont ce qu’il sont. C’est disons l’aspect documentaire du projet. Alors oui il y a du romancé voir du fantastique dans ce livre. Mais la plupart des évènements se sont produits soit pendant cette édition 2019 du festival, soit pendant les précédentes. C’est pourquoi le format photo argentique s’y prête bien d’ailleurs. Ça permet de retrouver un peu ce côté reportage.

Et pour la création de ton livre comment cela s’articulait-il dans ta tête ?

Après avoir écrit l’histoire, je l’ai fait lire à quelques personnes bien choisies pour les motiver à participer au projet. Ils ont tous été emballés direct pour faire de la figuration, prendre des photos voir faire les deux.
Puis j’ai préparé le “shooting” un peu comme on prépare un tournage en simplifié. J’ai séquencé mon histoire pour identifier grosso modo ce qu’il fallait prendre en photo et en quelle quantité (pour commander le bon nombre de pellicules). 
J’ai donc rayé des éléments de ma liste tout au long du weekend en organisant quelques moments importants pour l’histoire. On a pris aussi beaucoup de photos spontanément pour documenter simplement et alimenter l’histoire. J’en profite pour remercier tous les copains qui ont aidés de quelque manière que ce soit. Le reste de la création s’est fait après coup sur quelques mois avec des choses comme recomposer l’histoire, scanner, dessiner au feutre sur papier et sur négatif, mettre en page…

Le point de départ est une sorte de défi entre pote. L’esprit de compétition est il pour toi plus important que le plaisir de divertissement où seulement un prétexte à faire la fête 

Pour moi, même si c’est lui qui tient l’histoire, l’esprit de compétition est beaucoup moins important que tout le reste. Haha. Mais je dois avoué qu’il y a des éléments dans la compétition qui me fascinent. Moi même, je peux me retrouver pris au jeu par moments. Avec cette histoire j’ai surtout souhaité tourné l’esprit compétitif en dérision. 


Binic machine me semble être a mi chemin entre le roman graphique et le livre d’art. Mais peut-être que je me trompe. Comment définirais tu exactement ton livre ?

Binic Machine c’est avant tout un conte de fêtards. Une histoire absurde raconté avec des photos, des dessins et des mots. Le livre prend alors la forme d’un roman photo mais en bande dessinée.
L’idée est de créer un objet qui représente ce mélange de documentaire et de fiction. J’ai donc décidé de mélanger des techniques qu’on utilise dans les deux domaines. La photographie est plutôt utilisée à la base pour retranscrire des choses réelles. Le dessin, la gravure, la peinture se rapproche d’avantage d’une démarche d’interprétation du réel voir de création imaginaire totale. Puis il y a ce parti pris esthétique de faire un roman photo tout en essayant au maximum d’employer des techniques qui s’éloigne un peu de la photo et qui se rapproche plus de la bande dessinée.

En consultant ton site je m’aperçois que tu es un artiste complet (photo, peinture, vidéo, musique,… ) d’où vient cette passion foisonnante ?

J’ai toujours aimé créer des choses c’est clair. Puis j’ai toujours eu beaucoup d’imagination. J’imagine que faire toutes ces choses sont aussi une façon de se défouler et de s’exprimer aussi quelque part.
Je pense surtout que je suis très curieux et facilement émerveillé, inspiré ou interrogé. Il y a tellement de choses qui sont faites via tout un tas de médias, c’est très encourageant, inspirant et simplement divertissant.
 

Pour la fabrication de ton livre tu as lancé un KissKiss, qui est déjà a plus 90% de tu as bon espoir j’imagine ? Que feras tu de plus si tu exploses les scores ? 

Oui c’est super cool ! Il reste que quelques jours avant la fin pour atteindre le budget minimum nécessaire à l’activation du livre. Alors dépêchez si vous souhaitez commander ! 
Si j’explose le score et bien je vais imprimer plus de livres déjà, faire une plus grande tournée des librairies et lieux alternatifs pour diffuser le bouquin. On va faire une expo, une fête avec des concerts et une patate de forain même ! D’ailleurs on envisage de créer une sculpture à boxer interactive à l’effigie de Binic Machine en reprenant une machine existante et lui changer son aspect et son univers visuel et sonore ! C’est le super prix du KissKissBankBank ça !

Histoire de battre ton score au prochain Binic Fest, choisir entre le coup de poing et le coup de tête, que me conseilles-tu ?

Pour le score je te conseille le poing direct !
Pour le respect et classe choisi la tête sans hésiter.