À Saint-Brieuc, le week-end de la Pentecôte ne ressemble à aucun autre. Depuis 1983, Art Rock transforme la ville en un laboratoire culturel à ciel ouvert où la musique surgit, où la danse bouscule, où l’art contemporain s’invite au coin de la rue. Un festival qui rassemble, et marque les esprits.
Les 22, 23 et 24 mai 2026, Art Rock ouvre à nouveau sa faille spatio-temporelle pour une 43e édition annoncée comme le miroir de notre époque.
Un effet miroir pour mieux voir
Après une édition 2025 électrique et complète, Art Rock se rêve cette année comme un miroir embellissant du réel. Un espace partagé où artistes et festivalier·e·s, toutes générations et identités confondues, se rencontrent et expérimentent ensemble. Cette thématique se prolonge au Musée avec l’exposition « À travers le miroir, réflexions autour de la réflexion », réunissant Douglas Gordon, Song Dong, Zanele Muholi ou Iván Navarro. Ici, le miroir n’est pas un simple reflet : il devient politique, poétique, dérangeant parfois, révélateur toujours.
La Grande Scène en état de grâce
Côté musique, Art Rock frappe large et juste. De La Soul signe une date unique dans l’Ouest, rappelant l’héritage vivant du hip-hop américain. Le rock retrouve sa superbe avec The Kooks, Babyshambles et Last Train, pendant que Véronique Sanson traverse les décennies avec une intensité intacte.
La pop se décline en multiples nuances : électro-rap affûté avec Disiz, élégance lunaire de Sébastien Tellier, énergie militante de Suzane. Grand fidèle du festival, Gaëtan Roussel revient partager ses hymnes fédérateurs. Les soirées s’ouvrent sur les promesses de Marguerite et Miki, et la poésie rugueuse de Bertrand Belin.
Quand la nuit s’installe, Art Rock libère les corps : Thylacine déploie un live lumineux et immersif, Jen Cardini transforme la place en dancefloor incandescent, et Piche clôt le festival dans un final flamboyant, drag et euphorique.
Quand les corps prennent la parole
À Art Rock, la musique ne va jamais seule. Sur la Grande Scène, les danseuses de Leïla Ka surgissent entre les concerts avec Ondulations, extraits de Maldonne, faisant vibrer l’espace d’une énergie brute et collective. Au Grand Théâtre, le chorégraphe belge Jan Martens secoue les certitudes avec The Dog Days Are Over 2.0, pièce aussi physique qu’hypnotique.
Scène B, Forum : la nuit appartient aux audacieux
Au pied de la cathédrale, la Scène B confirme son rôle de défricheuse. Sam Sauvage, Camille Yembe, Ino Casablanca, Danyl, Flora Fishbach, Arma Jackson, Asfar Shamsi : une scène française vibrante, plurielle, affamée. Les propositions hybrides de Gildaa et Clara Kimera déjouent les codes, Fleuves entraîne le public dans une transe bretonne futuriste, L’Attrapeur explose les frontières entre techno et rap, et Tallou enveloppe la nuit de sa soul magnétique.
Au Forum, le rock brûle jusqu’au bout de la nuit. Model/Actriz, Lime Garden, Heartworms, Boko Yout, Baby Berserk et une nouvelle garde française (Arthur Fu Bandini, Max Baby, Jasmine Not Jafar, Bonne Nuit) réinventent le genre à coups de guitares, de tensions et d’audaces sonores.
Un festival, un lieu de vie
Au cœur de la ville, le Village Art Rock bat comme un cœur collectif : musiciens de rue, talents bretons, gastronomie signée Rock’nToques à prix doux. Le samedi, les familles trouvent leur espace ; le dimanche, la réflexion s’invite autour de grandes questions de société. Ici, la culture se partage, se discute, se vit.
À l’image de l’affiche 2026 signée Camille Jacquelot, où un personnage observe le monde dans toutes les directions, Art Rock 2026 promet un vertige joyeux. Trois jours et trois nuits pour écouter, danser et vibrer ensemble.
Art Rock 2026, du 22 au 24 mai à Saint-Brieuc. Serez-vous au rendez-vous ?



