Chroniques

ANIMAL TRISTE “Night Of The Loving Dead” combat rock

Leonard Titus

ANIMAL TRISTE marque de son empreinte musicale par un premier disque éponyme en 2020, ils reviennent dans les bacs en ce début février avec un nouvel album “Night Of The Loving Dead”. Inutile de vous dire que leur rock virulent made in Rouen provoque chez nous une adhésion immédiate et une mise en mouvement incontrôlable. Et que nous attendions avec une impatience non dissimulée cette nouvelle pépite discographique. 

Comme le dit avec justesse Caryl Ferey “le rock ne compte pas ses morts, il relève les blessés”. Bien sûr le champ de bataille musical et identitaire n’en est pas à son premier combat rock mais il faut quand même souligner qu’il comporte en ses rangs une armée de protagoniste aguerrie aux arts musicaux (mais ça vous le savez déjà). Inutile de vous dire également que le combo, sous ces airs de matou au pelage noir et soyeux, sait mieux que quiconque jouer de ses crocs et de ses ongles pour mettre sens dessus dessous vos cages émotionnelles. Avec eux il n’y a pas de carcan qui tienne, la liberté étant leur meilleur atout mordant, ludique et corrosif. Autant dire que l’espoir d’un nouvel opus à découvrir était pour nous, impatience et plaisir, qui ne demandait qu’à être partagé.

ANIMAL TRISTE prouve avec cet album qu’ils sont bien dans une union proche de la fusion. Ils sont complémentaires tout en restant eux-mêmes, ensemble ils osent paraître plus aventureux, hors des lignes. Les huit titres enregistrés dans une énergie post-punk et une complicité fraternelle arborent fièrement un amour charnel du rock revêche à la Nick Cave and the Bad Seeds.

Dés le premier titre vous êtes dans l’ambiance avec le puissant “Machine love” qui donne le ton. Le son est chargé d’émotion, dans un mood imparable où Yannick se jette à corps perdu dans des montées d’adrénaline vocale. Bien sûr les instruments jouent un rôle prépondérant, il suffit d’écouter les riffs électriques, organiques et la batterie martiale, où les talents sont légion. “Animal years“, “EVIL” et “Afterlife“, sont pour moi les perles âpres et scintillantes de cet opus, qui n’en sont pas moins inférieures à l’ensemble de cette œuvre plus d’intéressante, “With every bird” invite même Peter Hayes (Black Rebel Motorcycle Club) à la fête. “Diamond dreams” est une clôture magnifique d’un disque d’une beauté sombre et saisissante. 

L’ADN d’ ANIMAL TRISTE réside dans un rock incisif qui impressionne de spontanéité, aussi instinctif que vif, sans compromis, qui nous offre un album, “Night Of The Loving Dead“, intense et remuant, qui devrait figurer en bonne place dans votre cœur de rockeur mélomane.
Avec de telle bestiole, définitivement, le rock français n’est pas près de mourir et il a même encore de belles années devant lui…

ANIMAL TRISTE – “Night Of The Loving Dead” – 04/02/2022

 

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https://animaltriste.bandcamp.com/album/night-of-the-loving-dead

Photo de couv. (c) Leonard Titus

 

Stef’Arzak