Les 25 et 26 septembre 2026, le Festival Outsiders retrouvera le Supersonic Records, à Paris, pour une troisième édition placée sous le signe des artistes rares, des retrouvailles et du plaisir partagé. À l’origine de ce rendez-vous, le webzine Sundornsout.com et une poignée de passionnés qui, depuis des années, défendent une certaine idée de la musique indépendante : celle qui se découvre, se transmet et se vit loin des sentiers balisés.
Une histoire de passion et de rencontres
Pour Benjamin Berton, l’aventure Outsiders est avant tout une histoire de continuité. Critique musical depuis plus de trente-cinq ans, il a connu les premiers temps de la critique en ligne, bien avant l’explosion des réseaux sociaux. En 2014, il rejoint l’équipe de Sundornsout.com, un webzine né de la fusion de plusieurs blogs. Dix ans plus tard, à l’occasion de l’anniversaire du média, l’idée d’un festival parisien s’impose naturellement.
« L’idée, c’était vraiment de faire jouer des groupes qu’on aime », résume-t-il. Une philosophie simple, presque artisanale, qui prolonge les soirées organisées autrefois au Mans par l’équipe du webzine. Pendant plusieurs années, ces rendez-vous réguliers avaient permis de faire découvrir des artistes rock, indie, électro ou rap dans une ambiance de proximité. Outsiders est né de cette envie de continuer, autrement, mais avec la même liberté.
Le nom du festival n’a d’ailleurs rien d’un hasard. Il évoque ces artistes qui ont parfois échappé au succès, ces groupes cultes dont les disques ont compté pour certains, mais dont le nom reste inconnu des générations plus jeunes. « En rock indé, il y a plein d’histoires de mecs un peu nuls, que personne connaît, qui ont raté le succès », s’amuse Benjamin Berton. Derrière la formule, une véritable tendresse pour les trajectoires singulières et les œuvres qui continuent d’exister malgré le temps.
Une programmation à l’image de ses créateurs
Si Outsiders porte une dominante pop-rock et anglo-saxonne, c’est aussi parce que le festival est le reflet des goûts de ceux qui le programment. Au sein de Sundornsout.com, les sensibilités se croisent : rock indépendant, chanson française, trip-hop, rap, funk ou électro. Cette diversité a longtemps nourri la programmation, avec l’envie de ne pas réduire le festival à un seul courant musical.
Pour cette troisième édition, le format évolue. Deux jours au lieu de trois, les vendredi et samedi, et une programmation plus ciblée autour d’artistes dont le parcours mérite d’être redécouvert. « Le côté découverte est clairement moins présent. On est plutôt sur un truc assez rétro, finalement », reconnaît Benjamin Berton. Une orientation assumée, qui donne à cette édition une couleur particulière : celle des retours attendus, des figures cultes et des concerts qui prennent une dimension presque patrimoniale.
Black Box Recorder, Momus : des retrouvailles précieuses
Parmi les temps forts de cette édition, la venue de Black Box Recorder occupe une place particulière. Le groupe anglais, composé de Sarah Nixey, John Moore et Luke Haines, s’est reformé après plusieurs années de silence. Pour Benjamin Berton, qui guettait cette reformation, leur présence à Paris relève presque du coup de chance.
Le trio, qui a récemment donné un concert à Londres devant près de 1 000 personnes, se produira au festival pour une date unique en France. Une occasion rare de retrouver cette pop britannique à la fois élégante, ironique et profondément singulière. « Ils viennent pour s’amuser », précise Benjamin. Et c’est peut-être ce qui rend l’événement encore plus précieux : la possibilité de revoir un groupe que l’on aime, dans un cadre intime, avec cette sensation de partager quelque chose d’exceptionnel.
Le samedi, Momus viendra prolonger cette exploration des marges. Artiste prolifique, romancier, compositeur et figure inclassable de la pop underground, il n’avait pas joué depuis plusieurs années. Son retour sur scène s’inscrit dans cette logique chère à Outsiders : faire revivre des artistes dont l’œuvre continue de compter, même lorsqu’elle reste en dehors des radars.
Le Supersonic Records, un écrin à taille humaine
Le choix du Supersonic Records, au cœur du quartier Bastille, participe également à l’identité du festival. Ancien magasin de disques, le lieu offre une proximité que Benjamin Berton apprécie particulièrement. « Le cadre est chouette, le son est très bon. Et c’est vrai qu’il y a une ambiance. »
Avec une capacité d’environ 200 personnes, la salle permet de conserver ce qui fait le charme des concerts à taille humaine : la proximité avec les artistes, les échanges après les sets, les rencontres improvisées. Une dimension essentielle pour un festival qui ne cherche pas seulement à remplir une salle, mais à créer une véritable expérience collective.
Une fête avant tout
Organiser un festival indépendant n’est pas une mince affaire. Les budgets restent limités, les équipes réduites, et les pertes parfois inévitables. Mais pour Benjamin Berton, l’essentiel est ailleurs. « Du plaisir. On le fait vraiment, nous, par plaisir. »
Le plaisir de recevoir les artistes, de leur offrir de bonnes conditions, de voir une salle se remplir et de partager un concert avec des gens que l’on ne connaît pas encore. Celui aussi de provoquer des retrouvailles, comme avec les Woodentops ou Babybird lors des précédentes éditions, et de découvrir que certains groupes ont marqué durablement la vie de ceux qui viennent les écouter.
« Si on arrive à avoir un super groupe, et cette proximité-là, c’est idéal. » Une phrase qui résume finalement assez bien l’esprit d’Outsiders : une programmation exigeante, des artistes qui comptent, et une salle où la musique peut encore se vivre à hauteur d’homme.



