[Live report] Marquis au New Morning

Pour bien finir une semaine, rien de mieux qu’un concert. En ce dimanche 12 avril, ce sont les Rennais d’IDO Spectacles qui débarquent à Paris et au New Morning (Officiel) pour nous présenter Marquis – le groupe et François Staal pour ouvrir.

J’étais au Petit Bain, en février 2019, pour Marquis de Sade et je me réjouissais de leur reformation.

Et puis, Philippe Pascal, leur chanteur charismatique, a décidé de tirer sa révérence, quelques mois plus tard, en septembre. Le groupe est devenu Marquis. Un premier album Aurora est sorti en 2021 avec, au chant, Simon Mahieu aka Flynn, un jeune flamand que Franck Darcel a rencontré à Bruxelles, mais aussi quelques voix célèbres de la mouvance rennaise, Etienne Daho, Dominic Sonic ou Christian Dargelos. Un second opus, Konstanz, a été publié en avril 2024.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, ça a été au tour de Franck Darcel, leur leader, de s’en aller. Le choc de ce deuxième coup d’un mauvais sort aurait pu être fatal, mais pour continuer la légende, Eric Morinière, batteur, et Thierry Alexandre, bassiste, qui composent la rythmique d’origine, ont décidé de continuer avec Flynn au chant / guitare, Niko Boyer (ex-Détroit) en lead guitare et Daniel Pabeuf, saxophoniste et compère de longue date.

Dans un New Morning, loin d’être complet, mais quand même bien garni de connaisseurs et d’aficionados de la première heure, Marquis débarquent avec un « jeunot » aux cheveux verts, j’ai nommé Flynn, au milieu de la « vieille garde » et d’un Niko Boyer dans l’entre-deux. Surprenant aux premiers abords, mais quelle bonne idée a eu Franck Darcel de leur laisser en héritage ce jeune chanteur non francophone, comme il le souligne, car flamand, et ainsi s’excuser de ses quelques maladresses en français. Ce nouveau venu renforce ainsi encore un peu plus le côté européen clairement affiché. D’ailleurs, ce fut avec plaisir que l’on a tous repris en chœur « Putain, putain / C’est vachement bien / Nous sommes quand même tous des Européens », en hommage à son compatriote, le regretté Arno.

Flynn fait parfaitement le job et assure le rôle du front man avec beaucoup d’aplomb et d’entrain. Sa personnalité tranche avec celle de Philippe Pascal et c’est bien ainsi, surtout ne pas chercher pas à l’imiter et à s’identifier. Chose impossible, Philippe Pascal était unique…

En mettant Flynn sur le devant de la scène, on n’oubliera pas le cœur du réacteur avec la section rythmique qui tient la baraque avec Eric Morinière qui désormais chante comme l’a indiqué Flynn avec amusement, et Thierry Alexandre et son éternel air bougon ! Et que dire de Niko Boyer qui assure avec brio et sans se prendre pour un « guitar hero » et de Daniel Paboeuf en maître saxophoniste de haute volée !

Pour la setlist, 20 titres étaient au programme. Un bel échantillon de leurs deux albums Aurora (6) et Konstanz (5) et évidemment, on a eu du Marquis de Sade pour remonter le temps, avec en primauté Dantzig Twist, sans oublier Rue de Siam et son Final Fog. Et puis encore, deux covers intemporelles, Putain Putain de TC Matic et White Light White Heat du Velvet, pour clore les débats.

La belle et chaleureuse ambiance du New Morning montre que Marquis, dans cette nouvelle configuration, a de sacrés atouts pour conjurer le sort et envisager un avenir plus serein. Au plaisir de vous retrouver sur scène…

.Pascal Cossé