[Chronique Ciné] Pillion, sexymotherfucker !

Colin, un jeune homme introverti, rencontre Ray, le séduisant et charismatique leader d’un club de motards BDSM. Ray l’introduit dans sa communauté et fait de lui son soumis.

Mon avis (qui vaut ce qu’il vaut) : J’en avais beaucoup entendu parler, en bien voire en très bien, mais il était difficile d’évaluer le niveau d’érotisme du film au vu du pitch. J’avais peur de me retrouver aussi gênée que devant Drive-away Dolls d’Ethan Cohen, romance lesbienne surtout fantasmée par un homme hétéro, mais il n’en est rien tant Harry Lighton, le réalisateur, aime son sujet et ses sujets. Une absence de jugement ou de projection fait de son film une merveille de douceur où chacun assume ce qu’il est sans que ça gêne personne. Pour preuve, dès le départ, l’homosexualité des protagonistes n’est en rien un sujet. Lighton évite l’écueil de les placer dans une famille à problèmes ou complètement réac, ce qui aurait valu au film un tournant beaucoup plus dramatique et qui l’aurait éloigné de son sujet, le BDSM dans les milieux pourtant très réputés mucho macho. 

L’histoire d’amour que l’on suit n’est pas subie par le jeune et inexpérimenté Colin, il la prend à bras le corps, s’approprie ses nouveaux codes et réussit à faire émerger les siens. Si le scénario suit une route tracée digne des plus belles histoires d’amour avec l’obligatoire rencontre, visite aux parents, découverte des amis, amour, haine et tout ce qui s’ensuit, le contexte rend la chose passionnante même pour moi qui suis allergique à la comédie romantique pure souche !

La beauté des cadres, des lumières et l’inspiration ressentie à chaque moment subliment les personnages et les décors. Pour les amoureux des motos, le bellâtre Skarsgård conduit une sublime S1000RR de BMW qui colle très bien à son personnage. La passion qu’il lui porte est visible dans la routine qu’il lui consacre en la lavant religieusement tous les matins ! Si c’est pas du pure love, ça ! Il y a très peu de réalisateurs qui ont su capter toute la sensualité qui entoure la pratique de la moto, a fortiori des sportives. De très gros plans sur les cuirs des combis, les gants, les reflets dans le casque, les lumières de la route qui défile à une vitesse folle font partie intégrante de la fascination qu’éprouve Colin pour Ray et ceux qui ont déjà aimé un motard le comprendront. 

Pour finir, si le contexte est très cul, l’histoire est très belle sans être naïve. Le tout n’est pas très choquant, les scènes de sexe sont souvent hors ou contre-champs et on passe un très bon moment en leur compagnie ! N’joy !