Avec No More Like This, le trio londonien PVA signe un retour à contre-courant de toute tentation de répétition de la zone de confort. Après l’éclatant BLUSH (paru chez Ninja Tune), ce second disque creuse une question presque philosophique : que reste-t-il de nous après le passage des autres ? Ici, le désir n’est jamais pur, toujours contaminé, indenté par des regards, des souvenirs et des récits qui ne nous appartiennent pas tout à fait.
Musicalement, PVA abandonne la frontalité dance-pop pour une matière plus trouble : trip-hop, electronica, IDM et ambient s’y entremêlent, dans une filiation diffuse avec MF Doom, Massive Attack ou The Knife. Les textes, plus parlés que chantés, d’Ella Harris parfois presque désincarnées, semblent refuser l’émotion immédiate, comme pour mieux questionner l’authenticité elle-même. On pense parfois à Radiohead période Kid A, à la moiteur urbaine de Nilufer Yanya et aux expérimentations sentimentales de Dry Cleaning.
« No More Like This » ne cherche vraiment pas la simplicité : il persiste, se répète, s’imprime lentement. Un disque qui rappelle que la répression n’est pas seulement sociale, mais intime et que se libérer, c’est peut-être accepter de ne plus savoir très précisément ce que l’on désire.
Photographies de l’album : Jak Payne.



